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jeanmichb
Ecrit: Saturday 28 September 2019 à 18:16


Nymphe


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Bonsoir,

j'avais pensé à Messor capitatus parce que c'est la plus grosse Messor que l'on trouve en France.

Concernant la clé d'identification des reines, j'ai envoyé un mail à Claude LEBAS pour savoir, il travaille sur l'arborescence des reines, il est à l'étranger en ce moment. Sa clé d'identification devrait être de nouveau accessible après le 10 octobre selon lui.

Bonne soirée.
  Forum: Identifications de fourmis · Prévisualisation du message: #208979 · Réponses: 12 · Lectures: 513

jeanmichb
Ecrit: Tuesday 24 September 2019 à 15:54


Nymphe


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Pour poursuivre sur le sujet, voici quelques abstract et articles.

- Source, article en libre accès : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/P...one.0056492.pdf

Titre : Reconnaissance dans une symbiose sociale: phénotypes chimiques et comportements de reconnaissance dans les nids de fourmis parabiotiques néotropicales.

Traduction de l’abstract :

Les organismes sociaux figurent parmi les espèces les plus abondantes et les plus écologiquement dominantes de la planète, en partie grâce à des systèmes de reconnaissance exclusifs permettant de distinguer les coopérateurs des exploiteurs. Les exploitants, tels que les parasites sociaux, manipulent les systèmes de reconnaissance de leurs hôtes, tandis que les coopérants sont censés minimiser les interférences avec les capacités de reconnaissance de leur partenaire. Malgré notre richesse de connaissances sur la reconnaissance dans les nids sociaux mono-espèces, nous en savons moins sur les systèmes de reconnaissance dans les nids multi-espèces, en particulier avec les coopérateurs. Un type peu commun de symbiose de nidification, appelé parabiosis, implique deux espèces de fourmis partageant un nid et des sentiers de recherche de nourriture en coopération apparente. Ici, nous avons étudié les indices de reconnaissance (hydrocarbures cuticulaires) et les comportements de reconnaissance dans les nids de fourmis parabiotiques mélangés de Camponotus femoratus et de Crematogaster levior dans le nord-est de l'Amazonie. Nous avons trouvé deux Cr levior dans la population, avec un type dans chaque colonie parabiotique. Bien qu'ils partagent un nid, très peu d'hydrocarbures étaient partagés entre le Ca. femoratus et Cr. levior. Les hydrocarbures de Ca femoratus étaient également des alcènes et des diènes ramifiés, à chaîne inhabituellement longue, des composés que l’on ne trouve généralement pas chez les fourmis. Malgré un chevauchement minime du profil des hydrocarbures, il existait des signes de reconnaissance interspécifique potentielle. Cr. levior étaient plus agressives envers Ca. femoratus extérieur au nid que Ca. femoratus vivant dans leur nid. Contrairement à la prédiction selon laquelle le partage d'un nid pourrait affaiblir la reconnaissance co-spécifique, chaque espèce parabiotique maintient également ses propres comportements de reconnaissance agressifs afin d'exclure les non-membres de la même espèce. Ceci suggère que, malgré la cohabitation, les fourmis parabiotiques conservent leurs propres odeurs de colonie et mécanismes de reconnaissance spécifiques à chaque espèce. Il est possible que de telles symbioses sociales soient activées par les deux espèces, chacune utilisant leurs propres signaux de reconnaissance distincts, et que la reconnaissance interspécifique de nidification peut permettre cette nidification coopérative multi-espèces.

- Source, article en libre accès : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/P...-9994-10-32.pdf

Titre : Les crématoénones - une nouvelle classe de substances présentée par les fourmis servent de signal d’apaisement.

Traduction de l’abstract :

CONTEXTE:
Les hôtes parasites, commensaux et mutualistes des colonies sociales d'insectes contournent souvent le système de reconnaissance de leurs hôtes pour être acceptés. Ces stratégies de tolérance incluent la mimique chimique et l'insignifiance chimique. Alors que les stratégies de tolérance ont été intensivement étudiées chez les parasites sociaux, ces mécanismes d’interactions non parasitaires sont mal connus. Nous décrivons ici une stratégie utilisée dans une association parabiotique, c’est-à-dire deux espèces de fourmis mutualistes partageant régulièrement un nid commun bien que leurs niches alimentaires se chevauchent. L'un d'eux, Crematogaster modiglianii, produit une gamme de composés cuticulaires qui représentent une classe de substances non décrite dans la nature jusqu'à présent. Ils se produisent en abondance, ce qui suggère une fonction importante dans l'association de la fourmi avec son partenaire Camponotus rufifemur.

RÉSULTATS:
Nous avons élucidé la structure de l'un des principaux composés d'extraits cuticulaires par chromatographie en phase gazeuse, spectrométrie de masse, dérivatisation chimique et spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (RMN). Le composé consiste en deux cycles à six chaînons condensés avec deux groupes alkyle, dont l'un porte une fonctionnalité céto. À notre connaissance, il s'agit du premier rapport sur l'identification de cette classe de substances dans la nature. Nous suggérons de nommer le composé crématoénone. Dans les essais comportementaux, les crématoénones réduisent l’agression interspécifique. Camponotus a montré moins d'agressivité envers les hydrocarbures cuticulaires allospécifiques lorsqu'il était associé à des crématoénones. Ainsi, ils fonctionnent comme des substances d'apaisement. Cependant, bien que la composition de crématoénone soit hautement spécifique à une colonie, la reconnaissance interspécifique était médiée par les hydrocarbures cuticulaires et non par les crématoénones.

CONCLUSIONS:
Les crématénones permettent à Crematogaster d'éluder l'agression de Camponotus et de réduire ainsi les coûts potentiels de la concurrence avec Camponotus. Par conséquent, elles semblent être un facteur clé de la parabiosis et aident Crematogaster à tirer un bénéfice net de l'association et à maintenir ainsi une association mutualiste au fil de l'évolution. À notre connaissance, des substances potentiellement apaisantes n'ont été signalées qu'une seule fois à ce jour, jamais entre espèces non parasitaires. Étant donné que la plupart des organismes associés aux insectes sociaux doivent surmonter leur système de reconnaissance des partenaires de nidification, nous émettons l'hypothèse que les substances d'apaisement pourraient jouer un rôle important dans l'évolution et le maintien d'autres associations mutualistes, en permettant aux organismes de réduire les coûts du comportement antagoniste d'autres espèces.

- Source, article payant : https://link.springer.com/article/10.1007%2...0886-016-0692-0

Titre : Partage différentiel des signaux chimiques par les parasites sociaux par rapport aux mutualistes sociaux dans une symbiose à trois espèces.

Traduction de l’abstract :

Les systèmes de reconnaissance chimique sont essentiels au maintien de l'unité des colonies d'insectes sociaux. Il a été proposé que les colonies forment une signature chimique commune, appelée odeur de gestalt, qui est utilisée pour distinguer les membres de la colonie et les non-membres. Cette intégration chimique est réalisée activement par le biais d'interactions sociales telles que la trophallaxie et le toilettage, ou passivement, par exemple par l'exposition à du matériel de nid commun. Lorsque les colonies sont infiltrées par des parasites sociaux, les intrus utilisent souvent une forme de mimétisme chimique. Cependant, on ne sait pas toujours comment ce mimétisme chimique est accompli. Ici, nous avons utilisé une symbiose de nidification de trois espèces pour tester les différences d’intégration chimique d’espèces de fourmis mutualistes (parabiotiques) et parasites. Nous avons constaté que le parasite (Solenopsis picea) obtenait des signaux chimiques des deux espèces de fourmis hôtes parabiotiques. Cependant, les deux espèces parabiotiques (Crematogaster levior et Camponotus femoratus) conservent des signaux spécifiques à l'espèce et n'acquièrent pas de composés provenant des autres espèces. Nos résultats suggèrent qu'il existe une différence fondamentale dans la manière dont les mutualistes sociaux et les parasites sociaux utilisent les produits chimiques pour s'intégrer dans les colonies.

- Source, article payant : https://link.springer.com/article/10.1007%2...886-019-01099-9

Titre : Influence du style de vie mutualiste, du partenaire mutualiste et du climat sur les profils d'hydrocarbures cuticulaires chez les fourmis parabiotiques.

Traduction de l’abstract :

Une caractéristique essentielle chez les insectes est leur profil d'hydrocarbure cuticulaire (CHC), qui protège l'insecte contre la dessiccation et sert à la communication chimique. En raison de ces fonctions, les profils de CHC sont façonnés à la fois par les conditions climatiques et les interactions biotiques. Ici, nous avons étudié la différenciation des CHC chez Crematogaster levior et Camponotus femoratus, espèces de fourmis parabiotiques néotropicales, qui partagent un nid mutuellement. Les deux sont constitués de deux espèces cryptiques chacune (Cr. Levior A et B et Ca. femoratus PAT et PS) qui diffèrent génétiquement et possèdent des profils de CHC très différents. Nous avons caractérisé et comparé les profils de CHC des quatre espèces cryptiques en détail. Nos résultats suggèrent que Cr. levior A, Ca. femoratus PAT et Ca. femoratus PS ont adapté leurs profils de CHC au style de vie parabiotique en produisant des CHC à chaîne plus longue. Dans le même temps, ils ont changé leurs principales classes de CHC et produisent plus d’alkadiènes et d’alcènes ramifiés méthyle par rapport au Cr. levior B ou espèces non parabiotiques. Les profils du CCH du Cr. le levior B ressemblait davantage aux espèces apparentées, non parabiotiques du clade Orthocrema, que le Cr. levior A, et les longueurs de chaîne de B étaient similaires à l’état ancestral reconstruit. Des signaux du partenaire parabiotique (conditions biotiques) et du climat (conditions abiotiques) ont été trouvés dans les profils CHC des quatre espèces cryptiques. Nos données suggèrent que les mutualismes ont façonné les profils CHC des espèces étudiées, en particulier la longueur de la chaîne et la composition des CHC. À côté de cela, les signaux des partenaires parabiotiques indiquent de potentiels impacts sur les interactions biotiques, via le mimétisme chimique ou le camouflage chimique.

- Source, article en libre accès : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/P...spb20161727.pdf

Titre : Comment évoluent les hydrocarbures cuticulaires? Les contraintes physiologiques et les pressions de sélection climatiques et biotiques agissent sur un trait fonctionnel complexe.

Traduction de l’abstract :

Les hydrocarbures cuticulaires (CHC) recouvrent les cuticules de presque tous les insectes, servant d’agent d’étanchéité et de signal de communication. Les causes de la forte variation de CHC entre espèces et les facteurs qui influent sur les profils des CHC sont à peine comprises. Nous comparons ici les profils de CHC d’espèces de fourmis de sept régions biogéographiques, à la recherche de contraintes physiologiques et de pressions de sélection climatiques et biotiques. Composition de CHC contrainte par la longueur de la molécule: les profils à longue chaîne contiennent moins d'alcanes linéaires, mais plus d'hydrocarbures présentant des caractéristiques perturbatrices dans la molécule. Ceci est probablement dû à la sélection sur la physiologie pour construire une couche cuticulaire semi-fluide, nécessaire pour l’étanchéité et la communication. La composition des CHC dépendait également des précipitations dans les habitats des fourmis. Les espèces des climats humides avaient plus d'alcènes et moins de diméthylalcanes que celles des habitats plus secs, ce qui peut s'expliquer par les différentes capacités d'étanchéité de ces composés. En revanche, la température n’a pas d’effet sur la composition du CHC. Les espèces mutuellement associées (parabiotiques) possédaient des profils très distincts des espèces non associées. Notre étude est, à notre connaissance, la première à montrer les impacts systématiques de facteurs physiologiques, climatiques et biotiques sur la composition quantitative des CSC dans un ensemble de données mondial multi-espèces. Nous montrons comment ils façonnent ensemble les profils de CHC et faisons progresser notre compréhension de l'évolution de ce trait fonctionnel complexe chez les insectes.

- Source, article en libre accès : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/P...ECE3-9-9160.pdf

Titre : Hydrocarbures cuticulaires en tant que médiateurs potentiels de la divergence d'espèces cryptiques dans une association de fourmis mutualiste.

Traduction de l’abstract :

Grâce aux progrès des techniques de séquençage, de plus en plus d’organismes morphologiquement identiques sont identifiés comme des espèces cryptiques. Souvent, les interactions mutualistes sont proposées comme moteurs de la diversification. Les espèces de l'association de fourmis parabiotiques néotropicales entre Crematogaster levior et Camponotus femoratus sont connues pour leurs profils d'hydrocarbures cuticulaires très divers (CHC), qui, chez les insectes, servent de barrière à la dessiccation mais également de signal de communication. Dans la présente étude, nous avons étudié l'association des profils de CHC des fourmis avec les génotypes et les traits morphologiques, et avons découvert des paires d'espèces cryptiques dans les deux genres. Pour évaluer la différenciation de niche potentielle entre les espèces cryptiques, nous avons mené une étude d'association environnementale incluant diverses variables climatiques, le couvert forestier et des espèces de plantes mutualistes. Bien que la plupart des animaux soient sympatriques, les deux espèces de Camponotus semblent préférer des niches climatiques différentes. Cependant, chez les deux espèces de Crematogaster, nous n’avons pu déceler aucune différence de préférence de niche. La forte différenciation des profils de CHC peut donc suggérer un rôle possible lors de la spéciation elle-même, soit en induisant un couplage assortatif, soit en renforçant la sélection sexuelle après l'événement de spéciation. Nous n'avons pas détecté d'autres différences de niche dans les paramètres environnementaux testés. Ainsi, il reste à savoir comment les espèces cryptiques évitent l’exclusion compétitive, avec des possibilités d’enquêtes supplémentaires.
  Forum: Fourmis "exotiques" · Prévisualisation du message: #208963 · Réponses: 9 · Lectures: 4 360

jeanmichb
Ecrit: Tuesday 24 September 2019 à 09:19


Nymphe


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Bonjour,

1- Solenopsis sp.
2- C'est une fourmis mâle, tu peux la relâcher.
3- Double pétiole donc Myrmicinae, ça ne peut pas être une Camponotus, elle ressemble à une Messor et étant donné ses 20mm, je pense à Messor capitatus, elle ne pondra qu'au printemps, à garder au frais, dans le noir et attendre.

Tu ne précise pas la localisation, pas notée sur ton profil non plus.
Regarde sur cette page si M. capitatus est répertoriée là où tu l'as trouvé:
https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/52803
  Forum: Identifications de fourmis · Prévisualisation du message: #208961 · Réponses: 12 · Lectures: 513

jeanmichb
Ecrit: Tuesday 24 September 2019 à 08:33


Nymphe


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Bonjour,

hier 23/09/2019, observation d'essaimages de différentes espèces près de Libourne, Gironde (33) entre 19 et 20h.
Ciel nuageux, grosse pluie la veille, observées au jardin.

Lasius sp jaune:
essaimage massif, dizaines de gynes désailées, nombreuses gynes fécondées en vol.

Crematogaster scutellaris:
nombreuses ouvrières agitées, une dizaine de gynes ailées et désailées observées.

Solenopsis fugax:
une gyne désailée mise en tube.

Chthonolasius/Lasius à fondation dépendante:
trouvée dans une réserve d'eau de pluie, très bon système de récolte de gyne, mise en tube.

Superbe à observer, j'attends ça depuis un mois, la pelouse était en mouvement à plusieurs endroit.
  Forum: Reproduction, vols nuptiaux · Prévisualisation du message: #208960 · Réponses: 0 · Lectures: 875

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 15:59


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Il y a quelques infos de plus sur sa fiche pour l'identification.

Selon la clé d'identification c'est avec ce 1er article des funicules que l'on différencie les Lasius des Formica, donc si vous le voyez deux fois plus long que large c'est ok pour une Formica.
Je ne me souviens pas avoir lu que des Formica pouvaient être à fondation dépendante. A vérifier en parcourant le forum.

J'ai hâte de pouvoir prendre des photos de cette qualité smile.gif
  Forum: Identifications de fourmis · Prévisualisation du message: #208728 · Réponses: 32 · Lectures: 4 883

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 15:20


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Oui, c'est bien celui là. Il y en a plusieurs avec des caractéristiques proches entre 15 et 30 euros.

Il y a plusieurs sujets qui parlent des avantages et inconvénients de ce type d'appareil sur le forum dans "Déclic photos"
  Forum: Identifications de fourmis · Prévisualisation du message: #208726 · Réponses: 32 · Lectures: 4 883

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 13:18


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Si c'est une Lasius, laquelle?

Impossible de voir si le 1er article du funicule est carré ou deux fois plus long que large.
Parmi les Lasius, tout un groupe à la tête plus large que le thorax ce qui pourrait correspondre.

Je n'arrive pas à savoir si certaines Lasius ont les trois points sur le front. Si aucune ne les a, c'est une Formica.
  Forum: Identifications de fourmis · Prévisualisation du message: #208723 · Réponses: 32 · Lectures: 4 883

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 12:59


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Bonjour à tous,

merci pour ce sujet.

Au delà de l'intérêt de l'identification, cela m'a permis de découvrir ce microscope digital USB.
J'en ai commandé un hier soir pour 23 euros, il grossit jusqu'à 1600X.
Je vais enfin pouvoir identifier mes gynes... probablement Tapinoma sp et Myrmica sp. Je vais bien rigoler s'il s'agit de tout autre chose en les regardant de plus près. C'est impossible de les identifier avec des photos prises avec le téléphone.

Pour l'identification de cette Formica, en regardant les espèces identifiées sur AntArea dans le Cantal et repris dans l'INPN on peut supposer que ce n'est pas F. gagates, elle n'y a pas encore été identifiée.
Les plus souvent retrouvées sont F. lemani et sanguinea, puis picea, rufibarbis, cunicularia, pratensis, fusca, rufa et pressilabris. Il y en a beaucoup, ça n'aide pas vraiment.

Je m'arrête ici au niveau de l'identification : on voit clairement sur vos photos les trois points sur son front donc ce n'est pas F. gagates ni F. picea.
La suite est plus incertaine, le thorax est bien noir, donc on élimine F. cunicularia.
Le pronotum à l'air bien luisant donc on élimine F. fusca.
Si elle n'a pas de poil au menton (gula glabre) s'est une F. lemani.
Les Formica de la suite de la clé n'ont pas été identifiées dans le Cantal.
F. rufa et pratensis sont bicolores.

Je vote pour F. lemani. Si un expert passe par ici, qu'il nous éclaire!
  Forum: Identifications de fourmis · Prévisualisation du message: #208719 · Réponses: 32 · Lectures: 4 883

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 11:46


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Répartition en France métropolitaine: Données AntArea reprises dans l'INPN
Répartition mondiale: Antmaps (Actualiser la page pour visualiser)

Essaimage entre août et septembre: Lien Fiche

Je suis très intéressé par cette espèce, la seule Messor présente en Gironde. Je vais probablement aller me promener vers St Germain d'Esteuil, le seul lieu où elle a été identifiée via AntArea, car il devrait pleuvoir samedi prochain ce qui pourrait déclencher un essaimage à cette période worthy.gif
  Forum: Mise en place des fiches · Prévisualisation du message: #208712 · Réponses: 4 · Lectures: 4 449

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 10:22


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Bonjour à tous,

voici un site très pratique qui permet de visualiser la liste des espèces par pays ou la zone de répartition d'une espèce en particulier. Cliquer sur un pays pour voir la liste!

Lien: https://antmaps.org
  Forum: Fourmis "exotiques" · Prévisualisation du message: #208710 · Réponses: 3 · Lectures: 4 602

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 04 September 2019 à 10:12


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Bonjour à tous,

voici un papier sur la différenciation de niche dans les communautés de fourmis de la forêt tropicale en accès libre: Niche differentiation in rainforest ant communities across three continents.

Voici une traduction de l'abstract et quelques commentaires, je n'ai pas encore pris le temps de le lire en détail:

"Une prédiction centrale de la théorie des niches est que les communautés biotiques sont structurées par différenciation des niches résultant de la concurrence. À ce jour, de nombreuses études ont été menées sur la différenciation de niche au sein de communautés de fourmis locales, mais peu d'attention a été accordée à la macro-écologie de la différenciation de niche, notamment la mesure dans laquelle des biomes particuliers présentent des schémas distincts de structure de niche dans leurs gammes mondiales. Nous avons étudié les modèles de différenciation de niche et de concurrence dans les communautés de fourmis dans les forêts tropicales ombrophiles, en utilisant différents appâts reflétant le spectre alimentaire naturel. Nous avons examiné l'ampleur de la différenciation temporelle et diététique des niches et de la ségrégation spatiale des communautés de fourmis sur cinq sites de forêt tropicale humide situés dans les régions néotropiques, paléotropiques et tropicales australiennes. Malgré le chevauchement élevé des créneaux, nous avons constaté une différenciation significative des créneaux alimentaires et temporels dans chaque site. Cependant, il n'y avait pas de segmentation spatiale parmi les fourmis en quête de nourriture au niveau de la communauté, malgré la forte concurrence pour les ressources alimentaires préférées. Bien que le sucrose, le mélézitose (sucre présent dans le miel, le miellat et la sève de nombreux végétaux) et les insectes morts aient attiré la plupart des fourmis, certaines espèces se nourrissaient préférentiellement de graines, d’insectes vivants ou de selles d’oiseaux. De plus, la plupart des sites abritaient plus d'espèces diurnes que nocturnes. La différenciation globale des niches était la plus forte dans le site le moins diversifié, probablement en raison de son nombre inférieur d'espèces rares. La différenciation temporelle et diététique a donc eu de forts effets sur les assemblages de fourmis, mais leur importance relative a varié de manière marquée entre les sites. Nos analyses montrent que les schémas de différenciation de niche dans les communautés de fourmis sont extrêmement idiosyncratiques, même au sein d’un biome, de sorte qu’une compréhension mécaniste des moteurs de la structure de niche dans les communautés de fourmis reste difficile à atteindre."

Ce que je comprends c'est que la densité d'espèces différentes est très importante en un même lieu si bien qu'elles doivent se partager l'espace du sol jusqu'à la canopée, l'espace dans le temps (jour/nuit, matin, midi, etc) et les ressources alimentaires (sucrose, termites, graines, etc).

Chaque communauté contient des espèces dominantes qui se nourrissent des ressources alimentaires les plus attrayantes et des espèces moins compétitives se nourrissant de ressources alimentaires moins attrayantes. Les espèces dominantes ont un effet important sur chaque site étudié.

L'écologie est un domaine tellement complexe, chaque espèce maintient les autres à sa place physiquement, dans le temps et dans ses habitudes alimentaires. Si une espèce disparait ou une nouvelle est introduite, tout peut être remis en question et un nouvel équilibre se met en place.
  Forum: Fourmis "exotiques" · Prévisualisation du message: #208709 · Réponses: 2 · Lectures: 3 691

jeanmichb
Ecrit: Wednesday 13 October 2010 à 19:12


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arrow.gif Essaimage moyen(plusieurs dizaines un peu partout) de Messor sp le 13-10-2009 ( à 13h) a Marseille 9e, Campus de Luminy (13)
- Phase de l'essaimage observee : Gynes désailées errantes apres fécondation
- Type de milieu : haie, zone buisson, fosse...

  Forum: Reproduction, vols nuptiaux · Prévisualisation du message: #159073 · Réponses: 77 · Lectures: 71 183

jeanmichb
Ecrit: Friday 28 May 2010 à 09:07


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arrow.gif Essaimage discret de Camponotus lateralis le 27-05-2010 (apres-midi, 17h30) a Marseille (13) par jeanmichb
- Phase de l'essaimage observee : Gynes, desailees ou non, errantes apres fecondation
- Meteo : Vent faible, Ciel nuages, derniere pluie temps sec maintenu, , temperature moyenne de 20 à 25 degres.
- Type de milieu : haie, zone buisson, en ville
- precision : Une seule gyne errante
  Forum: Reproduction, vols nuptiaux · Prévisualisation du message: #148782 · Réponses: 77 · Lectures: 71 183

jeanmichb
Ecrit: Friday 21 May 2010 à 14:18


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Hello,

quelle taille fait-elle? j'ai déjà eu une fondation de Camponotus lateralis et ça y ressemble beaucoup je trouve, les gynes n'ont pas systématiquement la tête rouge, parfois elle est noire.

Si elle mesure plus d'un centimètre ce n'est pas ça.

Tu es de quel coin de France? pour savoir si c'est possible...
  Forum: Myrméco-café · Prévisualisation du message: #148434 · Réponses: 17 · Lectures: 5 793

jeanmichb
Ecrit: Tuesday 18 May 2010 à 17:36


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Bonjour,

Finalement ce weekend je suis parti vers un nid un peu différent, dans un premier temps j’ai voulu faire un nid vertical à quatre faces, j’ai mis en place la patte à sel sur les vitres posées au sol puis je les ai mises à la verticale pour couler le ciment entre les quatre vitres. Tout était étanche grâce à du scotch noir bien résistant mais une des vitres n’a pas tenu sous la pression et le ciment s’est déversé sur le balcon, pourtant j’avais mis une bouteille en plastique de 2litres rempli d’eau pour qu’il y est moins de volume entre les plaques de verre. Dommage donc, cela dit la patte à sel glissait le long des vitres, si bien que le résultat final n’aurait pas été formidable.

Donc le lendemain je suis reparti acheter un sac de 5 litres de ciment blanc et j’ai recommencé différemment. Mes 4 plaques de verre ont été posées au sol, la patte à sel mise en place pour former les galeries et les planches de bois ont entourées le verre pour mouler les nids autour de chaque plaque de verre. Je vais donc avoir 4 modules de 30cm de haut sur 24cm de large et 3 d’entre eux seront mixte (2espèces différentes dans le même nid et non plus 4 différentes pour les raisons que vous avez évoqué plus haut).
Il n’y a aucun avantage à avoir plusieurs espèces dans un même nid, j’en ai seulement très envie, mais pas vraiment d’inconvénient non plus, surtout que je peux relier un nid à un autre, ajouter des modules supplémentaires si une colonie se développe plus vite qu’une autre.

Le weekend prochain je colle les vitres au silicone aquario ainsi que les tubes de liaisons et je commencerai à penser aux aires de chasses. Je mettrai une photo des 4 modules les uns à côté des autres aussi.
  Forum: Fourmilières moulées · Prévisualisation du message: #148304 · Réponses: 10 · Lectures: 4 267

jeanmichb
Ecrit: Thursday 13 May 2010 à 15:42


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Bonjour,

Je compte me lancer dans la construction d'un nid qui accueillera plusieurs espèces en même temps. Je ne sais pas si quelqu'un a déjà tenté l'expérience sur le forum, mais j'apprécierais de n'avoir qu'un seul gros nid relié à une aire de chasse par espèce.

Je pense opter pour un nid moulé vertical en ciment blanc + sable de couleur clair avec une grande vitre frontale. Je ne sais pas encore de quelle dimension. Le nid serait en ciment pour résister aux mandibules et empêcher ainsi des rencontres entre fourmis d'espèces différentes. Aucun système d'humidification dans le nid, seulement une réserve dans l'aire de chasse type abreuvoir à oiseaux ou autre (je suis du sud, ici les fourmis se contentent de peu d'humidité). J'hésite encore entre patte à sel et patte à modeler pour enfants pour mouler les galeries, il y a beaucoup d'infos à ce sujet sur le forum mais rien de très clair.

Après mise en place de la patte (qui formera les futures galeries) sur la vitre, le mélange ciment/sable sera coulé, dans un cadre en bois. Une semaine de séchage plus tard, la patte sera enlevée et la vitre collée au mastic pour aquarium. Les tuyaux reliant le nid aux aires de chasse seront mis en place et l'étanchéité sera faite avec ce même mastic.

Ce nid et sa conception n'ont rien d'original, tout vient du forum et a déjà été fait, mais je tenais à participer un peu.

D'autres points que vous critiquerez surement (pour le bien être des futures habitantes du nid). Quatre espèces seront dans le nid à terme, une espèce assez grande de Camponotus sp ou Messor sp et trois espèces plus petites, dans l'idéal Lasius sp, Crematogaster scutellaris et une petite Myrmicinae du sud. Ce sera en fonction de mes rencontres au fil de l'été, en sachant que le nid sera trop grand pour les accueillir avant un ou deux ans. Les chambres feront 1cm de haut pour 2cm de profondeur pour l'espèce la plus grande et je pense 5mm de hauteur et de profondeur pour les autres plus petites. Les galeries auront la même hauteur que les chambres mais seront moins profondes. Je ne sais pas combien de centimètres devrait faire le nid en profondeur, assez pour être solide, pas trop parce que le ciment ça pèse lourd.
Le principal inconvénient sera l'impossibilité de faire déménager une espèce sans faire déménager les autres.

Merci pour vos futurs commentaires!
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jeanmichb
Ecrit: Tuesday 29 December 2009 à 14:28


Nymphe


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CITATION(Kinette @ lundi 28 décembre 2009 à 15:19) *
Je pense que chaque espèce trouve son compte d'une manière ou d'une autre dans ce type d'association. Car, depuis le temps, si il y avait un trop grand déséquilibre, l'évolution aurait fait pencher la balance vers l'espèce la plus compétitive, et on aurait à faire à du parasitisme aujourd'hui rolleyes.gif

Oui, tout à fait d'accord, je voulais seulement dire que c'est la Camponotus qui est "demandeuse", elle a l'air d'avoir besoin de cette association contrairement à la Crematogaster qui peut s'en passer. Mais c'est seulement l'impression du néophyte que je suis, merci de m'avoir aiguiller sur Cr.levior et C.femoratus et n'hésitez pas à me contredire, à rectifier/ajouter des informations…

Toujours au sujet de la parabiose, dans les régions tropicales Crematogaster levior peut partager un nid avec différentes espèces; Camponotus femoratus (Weber, 1943), Dolichoderus debilis (Swain, 1980), ou Odontomachus mayi (Corbara et al., 1999). Donc une espèce de Crematogaster peut s'associer à différentes espèces de fourmis, c'est formidable de pouvoir s'allier à une large gamme d'espèces d'un point de vue évolutif. Si l'une d'entre elles disparait, Cr.levior pourra toujours vivre avec une des autres espèces, et peut-être que chacune d'elles lui apporte quelque chose de plus (une association avec telle espèce permet une meilleur protection du nid, tandis qu'une autre espèce construira un nid plus solide…). Au sujet du nid je n'avais pas compris qu'il était construit en carton par les fourmis et qu'ensuite elles y apportaient des graines d'épiphytes (en germant, elles stabilisent le nid grâce à leurs racines).

Source:
A. Vantaux, A. Dejean, A. Dor and J. Orivel
Parasitism versus mutualism in the ant-garden parabiosis between Camponotus femoratus and Crematogaster levior
Insect. Soc. 54 (2007) 95 – 99
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jeanmichb
Ecrit: Sunday 27 December 2009 à 17:38


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Bonjour,

Autre chose intéressante, en restant sur les interactions Crematogaster/Camponotus.
Il a été découvert en Malaisie une espèce de Camponotus qui partage le même milieu que Crematogaster inflata et qui lui ressemble énormément par la couleur, la taille et la façon de se déplacer. Photo de Cr.inflata trouvée sur le Net. La Camponotus en question lui ressemble beaucoup mais la coloration jaune se trouve sur la partie supérieure de l'abdomen alors qu'elle est sur le thorax chez la Crematogaster. Les Crematogaster secrètent des substances répulsives, elles sont désagréables à manger. Les Camponotus tirent donc bénéfice de cette forte ressemblance. Les oiseaux et autres prédateurs qui ont déjà gouté à une Cr.inflata ne toucheront pas à ces Camponotus. Le mécanisme par lequel certaines espèces profitent de leur similitude physique avec des espèces non comestibles ou repoussantes, afin d'éviter la prédation, est appelé mimétisme batésien.

Une caractéristique remarquable, cette Camponotus est toujours à proximité des nids et des pistes de son "modèle". Il n'a pas été prouvé qu'elle pouvait utilisée ces pistes mais c'est une des hypothèses avancées. Autre chose, ces Camponotus pourraient choisir leur site de nidification non loin d'un nid de Cr.inflata, mais un tel comportement n'a pas été observé jusqu'à présent.

D'autres chercheurs ont mis en évidence le même type de mimétisme entre un coléoptère, Drusilla inflatae, et Cr.inflata (imitation des couleurs). Il semble que le goût désagréable de Crematogaster inflata ait fait des envieux au cours de l'évolution.

Source:
Fuminori Ito · Rosli Hashim · Yek Sze Huei ·Eva Kaufmann · Toshiharu Akino · Johan Billen
"Spectacular Batesian mimicry in ants"
Naturwissenschaften (2004) 91:481–484

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jeanmichb
Ecrit: Sunday 27 December 2009 à 15:28


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Bonjour,

Je me pose des questions au sujet de cette association et je viens de trouver un début de réponse.
Le profil chimique (hydrocarbures cuticulaires) commun à C. rufifemur et Cr. modiglianii est très différent de celui des Camponotus et Crematogaster non parabiotiques. On y retrouve des hydrocarbures dont la chaine carbonée est plus longue que chez les autres fourmis (synthétisés par C. rufifemur) ainsi que des stéroïdes absents chez les autres insectes (synthétisés par Cr. modiglianii). Ce profil chimique commun se formerait et se maintiendrait grâce aux trophallaxies et aux nombreux contacts physiques entre fourmis des deux espèces.

L'hypothèse, si j'ai bien compris, serait que Cr. modiglianii ne possèderait pas de récepteurs capable de reconnaitre les hydrocarbures possédant une longue chaine carbonée, ce qui favoriserait sa tolérance vis-à-vis de C. rufifemur. Elle ne pourrait pas sentir l'odeur caractéristique de ces Camponotus et celles-ci étant recouvertes de l'odeur des Crematogaster, elles seraient considérées comme de la famille.

Lorsqu'on visualise l'histoire sous cet angle, bien que l'association soit profitable aux deux espèces, c'est quand même la Camponotus qui trompe la Crematogaster.

Lien/source:
Tropical parabiotic ants: Highly unusual cuticular substances and low interspecific discrimination
Florian Menzel, Nico Blüthgen and Thomas Schmitt
Frontiers in Zoology 2008, 5:16
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jeanmichb
Ecrit: Sunday 27 December 2009 à 00:13


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Bonsoir,

En cherchant des choses intéressantes à partager avec vous je suis tombé sur un papier qui parle d'associations parabiotiques entre fourmis tropicales. Je vous fais un "petit" résumé de ce que j'ai compris mais n'hésitez pas à le lire, il est en libre accès.



Une parabiose serait une association de deux espèces qui partagent un nid et qui se tolèrent. Ce ne serait ni du mutualisme, ni du commensalisme, ni du parasitisme.

Dans la forêt tropicale de Bornéo, les auteurs ont étudié les associations parabiotiques entre les fourmis Crematogaster modiglianii et Camponotus rufifemur. En fait ces deux espèces vivent ensembles dans un même nid régulièrement trouvé à l'intérieur d'un arbre creux, très souvent Poikilospermum cordifolium (figure 1b on observe l'élaiosome de sa graine). Tandis que des nids de Cr.modiglianii sont souvent trouvés sans C.rufifemur, l'inverse n'a pas été observé. C.rufifemur a probablement besoin de cette association. Ces deux espèces ne sont aucunement agressives entre elles et partagent les ressources alimentaires. Toutefois, Cr.modiglianii récolte de la nourriture plus loin dans l'espace, plus longtemps dans une journée et recrute plus efficacement ses congénères que C.rufifemur, il est dit également que cette dernière peut/pourrait bénéficier des repères chimiques de Cr.modiglianii.

Donc C.rufifemur obtient plus de nourriture et des routes déjà tracées et en échange elle serait en charge de la défense du nid contre d'autres espèces de fourmis par exemple. Ce n'est pas difficile à croire, il suffit de regarder la différence de taille entre les deux espèces dans la figure 1 de l'article. Les avantages obtenus lors de cette association doivent être supérieurs aux coûts que cela engendre, sinon elles ne resteraient pas en "colocation".

Il est dit que les parabioses sont confinées à des associations entre une espèce de Crematogaster et une autre espèce (Camponotus/Dolichoderus/Odontomachus/Pachycondyla) dans les forêts tropicales.

Souvent, des plantes épiphytes (plantes qui poussent en se servant d'autres plantes comme support comme les orchidées) habitent ces nids ("ant-gardens") et elles sont importantes parce que leurs racines le stabilisent. Les nids peuvent comprendre d'autres espèces associées, telles que des trophobiontes (pucerons, cicadelles…) et d'autres insectes hôtes.

La figure 6 est un schéma qui montre les différentes interactions qui existent entre l'arbre qui abrite le nid (souvent Poikilospermum cordifolium), les Crematogaster et les Camponotus. Les fourmis dispersent les graines de l'arbre et le défendent possiblement contre les herbivores. L'arbre fournit de la nourriture (élaiosomes). Et les fourmis se partagent la nourriture (voir la trophallaxie entre une Crematogaster et une Camponotus, Figure 1d), défendent le nid, etc… (s'occupent du couvain de leur propre espèce mais aussi de l'autre?)

Dans la conclusion, les auteurs se demandent comment cette association s'est formée au cours de l'évolution. Apparemment Cr.modiglianii produit un composé qui réduit l'agressivité de C.rufifemur. Peut-être qu'à une époque elles ne faisaient que se côtoyer, elles ne vivaient pas ensemble, et que leur signature chimique respective étant très proche elles ont fini par vivre ensemble parce que d'un point de vue de la nutrition et de la protection cela arrangeait tout le monde.

Il est dit beaucoup d'autres choses dans ce papier pour les intéressés, allez regarder au moins les photos, elles sont sympa.

Et n'essayez pas, chez vous, de marier des Crematogaster et des Camponotus, elles ne sont pas copines en France dry.gif .
  Forum: Fourmis "exotiques" · Prévisualisation du message: #140752 · Réponses: 9 · Lectures: 4 360

jeanmichb
Ecrit: Saturday 26 December 2009 à 15:12


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Bonjour,

au sujet de Maculinea alcon, l'azuré des Mouillères.
L'hypothèse était, jusqu'à maintenant, que les oeufs sont fixés préférentiellement à proximité de colonies de fourmis hôte du genre Myrmica.
Dans ce papier les auteurs expliquent qu'ils ont placé des plantes en pot(Gentiana pneumonanthe) à côté de nid de fourmis ou sur des sites plus éloignés et qu'ils ont ensuite évalué le nombre d'oeufs pondus sur ces plantes en pot.
Les résultats montrent que M.alcon choisit le site de ponte en fonction des caractéristiques de la plante mais pas en fonction de la présence de fourmis, les papillons pondent même en absence de fourmi.

C'est une information importante pour la conservation de ce papillon menacé selon les auteurs, je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi. Des idées? Je ne suis pas brillant pour comprendre les histoires d'écologie.
Nous savons que la fourmi hôte est indispensable à son développement.
Si les papillons fixaient leurs oeufs seulement à proximité de nids, il y aurait trop de chenilles par nid ce qui ferait disparaitre les fourmis hôtes de la zone parasitée.

Bon, je m'égare, je trouve ça intéressant mais ce sont des notions compliquées à comprendre pour moi.

Lien/source: Matthias A. Fu¨ rst* and David R. Nash "Host ant independent oviposition in the parasitic butterfly Maculinea alcon" Biol. Lett. published online 28 October 2009
  Forum: Les relations des fourmis avec d'autres animaux · Prévisualisation du message: #140730 · Réponses: 14 · Lectures: 8 871

jeanmichb
Ecrit: Friday 25 December 2009 à 23:13


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Bonsoir,

Sur le même thème, la "perception visuelle des couleurs" chez les fourmis, une équipe de chercheurs turques montre la discrimination des couleurs chez deux espèces de fourmis, Formica cunicularia (Latreille 1798) et Cataglyphis aenescens (Nylander 1849).
Ce qui est intéressant dans ce papier c'est le lien qui est suggéré entre les longueurs d'onde plus particulièrement reconnues par chacune de ces deux espèces et l'environnement dans lequel elles vivent.
Ils ont montré que C.aenescens reconnait très bien les UV, c'est une fourmi qui vit dans le désert où il y a très peu de repères visuels donc les fourmis s'orientent par rapport au soleil ou plus précisément grâce aux UV émis par celui-ci. Et F.cunicularia par contre montre une sensibilité aux longueurs d'onde vertes, elle est capable de différencier des verts très proches, et elle vit dans un environnement riche en vert.
Il est dit que celà lui permet peut-être de s'orienter en fonctions des plantes(qui ne sont pas d'un vert identique) et également de remarquer facilement ce qui n'est pas de cette couleur (des proies, des pucerons, des fleurs...) au milieu de tout ce vert.

Une chose également intéressante, les auteurs ont testé cette capacité à différencier les couleurs en habituant les fourmis à obtenir de la nourriture seulement dans la direction d'une des deux longueurs d'onde testées, indépendamment de repères chimiques(disposif changé constamment lors du test), visuels(pas de lumière dans la pièce), de champs magnétiques et de la gravité(dispositif parfaitement horizontal) donc les fourmis ont mémorisé sous quelle longueur d'onde elles allaient obtenir de la nourriture avec pour seul repère cette longueur d'onde(dans cette direction, lumière verte n°1, il n'y a jamais à manger, je n'y vais pas et dans l'autre direction, lumière verte n°2, il y a toujours à manger, je vais par là bas). Ces petites bêtes sont vraiment étonnantes, elles utilisent une myriade de procédés pour s'orienter.

La source: Camlitepe Y, Aksoy V. "First evidence of fine colour discrimination ability in ants (Hymenoptera, Formicidae)" J Exp Biol. 2010 Jan;213(Pt 1):72-7.

ps: J'espère avoir posté au bon endroit et que vous trouverez ça intéressant.
  Forum: Informations sur la biologie/comportement des f... · Prévisualisation du message: #140720 · Réponses: 16 · Lectures: 5 983

jeanmichb
Ecrit: Saturday 05 December 2009 à 00:08


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En diapause, la nourriture n'est pas indispensable parce que le métabolisme des fourmis est ralenti par le froid or je n'ai pas mesuré la température mais il faisait tout juste moins de 20°C. Elles sont surement mortes de faim dry.gif et une intoxication je n'y crois pas, je n'utilise pas grand chose dans ma chambre universitaire.
  Forum: Questions/Réponses des suivis de colonies · Prévisualisation du message: #140041 · Réponses: 10 · Lectures: 3 320

jeanmichb
Ecrit: Friday 04 December 2009 à 23:31


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Hivers 2008/2009:

Elles sont mortes durant l'hiver, je les ai laissé dans un carton sous un meuble en novembre et elles étaient mortes en décembre quand je suis allé voir si elles allaient bien.

Je pense qu'elles n'ont pas eu assez froid et sont mortes de faim, je commençais à penser à la construction de nids parce qu'elles étaient un peu à l'étroit.

J'étais tellement dégouté que cette année je n'ai pas cherché de gyne, mais j'y reviens, trop intéressant pour laisser tomber aussi vite, en 2010 je ne me déplacerai jamais sans quelques tubes en poche.
  Forum: Suivis de colonies · Prévisualisation du message: #140039 · Réponses: 4 · Lectures: 2 266

jeanmichb
Ecrit: Friday 04 December 2009 à 23:23


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Hivers 2008/2009:

Elles sont mortes durant l'hiver, je les ai laissé dans un carton sous un meuble en novembre et elles étaient mortes en décembre quand je suis allé voir si elles allaient bien.

Je n'ai pas de photo, elles avaient chacune plusieurs ouvrières avant la mise en diapause.
Les C.cruentatus aussi ont subit le même sort, je pense qu'elles n'ont pas eu assez froid et sont mortes de faim.

J'étais tellement dégouté que cette année je n'ai pas cherché de gyne, mais j'y reviens, trop intéressant pour laisser tomber aussi vite, en 2010 je ne me déplacerai jamais sans quelques tubes en poche.
  Forum: Suivis de colonies · Prévisualisation du message: #140037 · Réponses: 5 · Lectures: 2 916

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