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> Barbarus Contre Capitatus, Mais qui va l'emporter ?
MJJB
* Thursday 15 February 2007 à 21:25
Message #1


Média


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On se souvient du reportage de Noar sur la prise et le pillage d’un nid de Messor capitatus par une fourmilière voisine de Messor barbarus. Ce thème de la compétition entre ces deux espèces de fourmis me passionne. Voici où j’en suis de mes cogitations sur ce sujet :

Fécondité raisonnable d’une fourmi prudente…

Bernard qui comme scientifique avait le droit et la possibilité de fouiller les nids (ses étudiants creusaient-ils pour lui comme des forçats ?) déclare que les nids de Messor capitatus sont moins populeux que ceux de Messor barbarus, ce qui revient à dire que la première sp est moins féconde que la deuxième. Mais voilà, Messor capitatus qui est présente en Afrique du Nord comme M barbarus, remonte beaucoup plus haut (jusqu’en Bretagne) et donc présente toutes les caractères d’une fourmi plus « prudente » que M barbarus qui est limitée à la seule zone Méditerranéenne dite de l’olivier.

Home Sweet Home

De plus, il me semble que les capitatus occupent moins le terrain que les barbarus souvent en train de ratisser à la faveur d’un climat chaud bien spécifique. Les capitatus aiment bien « rester à la maison », elles s’y étalent généreusement en captivité (de mon expérience, barbarus en captivité, montre un comportement excessivement grégaire, mais difficile de généraliser).
Combien de fois, parvenu sur des sites de Messor capitatus, je trouve la porte non pas close mais la population inscrite aux abonnés absents… pas une fourmi dehors ! On dirait qu’en dehors des cueillettes du printemps, le monde extérieur ne les intéresse pas. L’été, mieux vaut prévoir une journée couverte pour voir quelque chose. Quant aux grosses majors, elles sont rarement visibles sauf quand il y en a une qui se trouve une vocation de portière.
A contrario, les Messor barbarus sont très actives à l’extérieur et très vite leurs entrées se garnissent de gros cratères de graines décortiquées et de terre.

Mais pas les mieux logées

Il est clair qu’à occuper le terrain de cette façon, Messor barbarus trouve, dans son habitat, un avantage certain sur Messor capitatus. Si elle est plus fertile, M barbarus dispose donc d’une plus grande "armée". Ele doit aussi répandre ses séxués en plus grand nombre et pouvoir éradiquer Messor capitatus sur des sites qui conviendraient a priori aux deux sp. De ce fait, rien d’étonnant à ce que Noar ait été témoin d’une attaque à l’avantage des barbarus. De plus, comme par hasard, sur le site du vieux moulin, la grosse pierre (qui représente un avantage énorme) était la propriété des barbarus et non des capitatus. Cette observation rejoint ce que Cékiki et moi avons trouvé sur un site étonnant qui comprend capitatus, barbarus et bouvieri : le plus beau nid deviné sous une énorme pierre est celui des barbarus avec un grand cratère et des fourmis actives à l’extérieur. Les capitatus se répartissent de part et d’autre sur le flanc de la colline pâturée avec leurs nids signalés par de petits cratères bien propres. Les bouvieri sont plus haut, là où la roche devient saillante, sur une zone exposée aux vents (pas gâtées les pauvres !). Kagoo a remarqué à quel point les nids de Messor capitatus peuvent passer inaperçus aux environs de Toulouse, si l’on n’y prend garde. Moi-même j’ai eu un mal de chien à trouver quelque chose tant que les moissons de la fin de l’été ne laissaient voir des monticules végétaux. J’en connais qui sont allés à Pornic (44) et qui n’ont rien vu… Au beau village d’Eus (66), on peut ne RIEN voir… et pourtant le jour de l’essaimage, c’est comme si les séxués sortaient d’un immense gruyère !

Surtout armées… pour lutter contre le froid

Mais j’ai remarqué autre chose à l’échelle d’une même région, ici le département des Pyrénées Orientales : Messor capitatus a une « saison » plus brève que Messor barbarus, car elle se niche dans les courants d’air, si j’ose dire. Sur les hauteurs venteuses de Banyuls, les bestioles commencent leur réveil bien après barbarus. Je dois dire qu’en Avril la terre est encore froide la-haut. Dans l’arrière pays du Roussillon, c’est pareil, c’est pas la douceur climatique de la plaine. Equipées pour cette épreuve, au moins en France, les capitatus ont d’ailleurs pris soin d’hiverner en profondeur avec un couvain uniquement constitué de très petites larves comme le note Bernadette Delage. La situation est bien différente chez barbarus qui est frappée d’engourdissement comme « à regret » pourrait-on dire : c’est ce qui m’a fasciné à mon arrivée dans le département en Février 2006 : une partie de la colonie des barbarus occupe ces espèces de monticules de terre qui furent édifiés à l’Automne précédent pour l’évacuation des terres humidifiées par le retour des pluies et pour l’évacuation des séxués. Ces dômes persistent l’hiver, hermétiques, croûteux… et excellent capteurs de chaleur dès que l’ensoleillement se produit (et l’ensoleillement est abondant ici l’hiver) Sous ces croûtes de terre, une partie des barbarus se tient avec des larves de taille variable non pas blanches et allongées comme des massues comme celles des capitatus qui hibernent mais bien jaunes et gonflées c'est à dire présentant un état physiologique assez nettement différent. Noar ne me démentira pas sur ce point bien curieux chez des sp soit-disants si proches.(Les Tapinoma, ces éternelles nomades, viennent d’ailleurs l’hiver s’installer dans la périphérie de ces monticules.)
Il faudrait donc conclure à un réchauffement effectif très tôt l’hiver chez une partie de la colonie de barbarus, couvain comprise, et bien longtemps après chez capitatus dont le couvain est caché dans les catacombes. De même les capitatus se remettent au mode hivernal dès octobre en Périgord (Delage).
Le point faible de Messor barbarus quant à lui serait finalement constitué par la limite de son habitat où les refroidissements ne doivent pas être trop nombreux et trop longs. Par contre, la prospérité de barbarus est plus hégémonique, moins « prudente » que capitatus adaptée au froid de longue durée.

Une saison plus courte

Cette saison plus « courte » pourrait être la raison suffisante expliquant la fécondité moindre des Messor capitatus : celles-ci disposent de moins de temps pour élever leur progéniture. La gyne capitatus serait alors tout aussi fertile que la gyne barbarus mais son rythme diminue sa ponte dans le temps. Programmé pour stopper puis reprendre sa croissance à des périodes précises de l’année, le couvain est de ce fait coincé entre des impératifs biologiques propres à l’espèce et calqués sur les impératifs climatiques des lieux habités. Cette lenteur du couvain d’hiver, sans aucun doute, est un point « faible » : d’où l’exaspération de certains devant la lenteur de développement attribuée à capitatus. C’est aussi un point fort si l’on songe au capital que la société de fourmis protège ainsi et règule en fonction des évènements climatiques, en en consommant une partie par exemple…

Alors au travail !

Cette saison « courte » oblige les fourmis à bien choisir leur habitat pour tirer partie au mieux du temps qui leur est imparti pour :
- récolter en masse les énormes quantité de nourriture dont elles ont besoin, afin de :
- faire passer le couvain d’hiver à l’état adulte, notamment les grosses séxuées. (ce couvain d’hiver va d’ailleurs avoir un développement extraordinairement long (notamment le moment de la nymphose), rattrapé et dépassé par les pontes de printemps)
- élever une nouvelle génération d’ouvrière issue des pontes tardives de printemps et parmi lesquelles se trouveront les ouvrières à grosses têtes
- constituer un stock de graines, bien au sec, pour la consommation automnale, hivernale, et du début du printemps suivant
Et peut-être six mois pour faire tout ça… ouf !

Essai de conclusion

Messor barbarus quand à elle, parce qu’elle a des habitudes différentes dues à sa répartition, connaît moins ces impératifs drastiques. A cause de son opportunisme et de son rythme (Cékiki y a perdu quelques graines de gazon dans son jardin en plein hiver), elle représente dès lors une ennemie redoutable pour les Messor capitatus lorsque leurs habitats viennent à se croiser !
Dès lors les capitatus peuvent aligner les majors avec des têtes de 4,2 mm, elles ont de toute façon plusieurs longueurs de retard sur cette espèce finalement assez profondément différente qu’est barbarus !
Et en même temps, Messor barbarus ne peut pas se confronter aux climats hors zone de l’olivier où, de fait, elle abandonne le terrain à la prodigieuse organisation des capitatus.

Les Capitatus ne sont pourtant pas des tendres. Elles s’étripent volontiers entre nids de la même espèce. Elles sont réputées pour la cléptobiose en Italie (pillage des greniers des voisines) notamment sur l’espèce Messor minor.

Qu’en est-il en Espagne, en Italie ?

Les rapports de force entre Messor capitatus et Messor barbarus pourraient être différents dans des pays limitrophes.

Sur le site italien :
www.geocities.com/tetramorium/messor.htm
j’ai trouvé des informations précieuses. Malheureusement l’auteur du site, un fou de Messor, n’a pas encore répondu à mes questions.
Il est dit que l’espèce Messor barbarus est rare en Italie. Elle se trouve seulement en Ligurie et en Toscane (c'est-à-dire dans le prolongement de la France) mais elle ne descend pas plus bas. Or là même, elle commence à laisser la place à Messor capitatus (présente dans toute l’Italie) ! La situation serait alors à l’inverse de ce qu’elle est en France : Messor capitatus empoisonnant la vie de Messor barbarus. Et toc.

Messor capitatus la fourmi biologique

C’est fascinant et je me perds en conjectures ! Je tente une explication : Si Messor barbarus se contente des friches, des terrains vagues, plats, des talus, des bords de route, toutes riches en graminées, Messor capitatus est très dépendante des activités humaines comme l’agriculture et l’élevage traditionnels. Dans le Languedoc, je lisait que les petites cultures céréalières avait laissé la place à la vigne et que les zones de pâturages, ou causses, avaient disparues ou étaient plantées de vigne ou d’oliviers de nos jours. Il est facile d’en induire un recul de Messor capitatus en France dans le sud ouest, comme l’a brillamment démontré B. Delage en Périgord. Par contre la situation pourrait être bien différente en Italie, pays moins uniformisé par la modernité. Les capitatus y trouvant leur terrain d’élection, Messor barbarus aurait difficilement voie au chapitre dans un pays qui semble être modelé pour sa concurrente Messor capitatus. « Le triomphe de Messor capitatus » au village français d’Eus, enveloppé dans ses traditions, est certainement un bon exemple comparable au modèle italien et qui doit donner une idée de l’implantation de Messor capitatus en Italie : A flanc de coteaux ensoleillé, présence immémoriale de l’homme, vieilles pierres, terrasses-jardins, polyculture, élevage ici ou là ( Comme disait Cékiki, ici ce sont nos « capitatus des champs », par opposition à celles de Toulouse.)

L’Espagne doit également être un monde à part. Comment les deux espèces se répartissent ? Qui tend à s’imposer ? Affaire à suivre, ou à explorer !
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cékiki
* Thursday 15 February 2007 à 21:58
Message #2


Gyne Très Mégère


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remarquable analyse, merci de nous livrer tes pensées.
- le site italien semble en désuétude , pas de mise à jour récente. Cela fait deux ans que je le vois ainsi figé.
- il faudrait nous rendre en Corse pour prospecter. Similitudes cool.gif
- difficulté à rencontrer les M.capitatus pour les raisons que tu évoques. On peut passer à côté très facilement. Ton oeil aiguisé, ton obstination permettent de mieux les cerner et cela n'est plus de l'intuitif : inféodalité à l'homme.
- l'Espagne : hum, la Catalogne n'est pas le meilleur exemple d'une agriculture raisonnée.
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Elrou
* Thursday 15 February 2007 à 22:13
Message #3


Gyne Mégère


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je vais faire un peu le rabat-joie malgrès ce gros boulot d'observation remarquable smile.gif ... mais il faudrait déjà démontrer qu'il existe une compétiton interspécifique violente entre les espèces citées. et cela ne me parait pas du tout évident.
en général les structures des populations sont plutot dictées par la compétition intraspécifique toujours très supérieure à la compétition entre espèces.
en fait les espèces n'ont pas les mêmes exigences et donc entre assez peu en compétition (et ce n'est pas parce qu'elles sont en compétition que l'une change ses exigences par rapport à l'autres)
ce qui peut paraitre comme une "exclusion" dans des milieux différents est souvent le fruit des exigences différentes plus que de la compétition interspécifique.
il est très difficile d'analyser la répartition de population sans évoquer et mesurer la compétition entre colonies d'une même espèce.
sans doute la fécondité et la taille des colonies dans les deux espèces font que la compétition intraspécifique au sein de ces deux espèces est très différente. et sans doute aussi que la structure et la répartion des colonies tient plus à cette différence de compétiton intraspécifique qu'à une compétition entre deux espèces n'ayant pas les mêmes exigences.
en fait il faudrait analyser un peu les structures de population des deux espèces séparées pour déjà comprendre comment elles limitent cette compétition intraspécifique.... sans doute par des stratégies différentes .
si la réparttion des espèces changent avec le temps ou en fonction de l'anthropisation des milieux (pourquoi pas) ce n'est donc pas qu'une chasse l'autre mais plutôt que le mlieu transformé convient plus à l'une qu'à l'autres. dynamique tout à fait différente d'une compétion interspécifique.


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vito corleone
* Friday 16 February 2007 à 12:10
Message #4


Cocon


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Sujet trés interessant,merci de nous faire partager tes observations! smile.gif
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Kagoo
* Friday 16 February 2007 à 12:44
Message #5


Ouvrière


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Petites observations pour la recherche des colonies.

En ce qui concerne les M.capitatus que j'ai observées à Toulouse en milieu urbain, c'est plutôt à la nuit tombée que l'on peut observer de longues colonnes d'ouvrières en moisson. Ces colonnes sont assez longues (10 à 20m) mais les effectifs engagés sont faibles (par rapport à M.structor) dans les conditions naturelles (c-à-d hors gavage artificiel à l'aide d'une grosse quantité localisée de graines). J'ai pu en observer beaucoup plus rarement moissonnant en fin de journée (je ne me rappelle plus si la météo était couverte ou non).
Messor structor semble aussi moissonnr la nuit mais également en fin de journée, où ses colonnes sont très repérables (plusieurs centimètres de large).

Il est possible de déclencher artificiellement un comportement de moisson en déposant des graines sur le chemin des rares ouvrières M.capitatus dehors en journée. J'ai remarqué également que leurs capacités de stockage saturaient assez vite: en les nourrisant seulement une fois par mois de l'équivalent d'une petite poignée de graines de quinoa, il n'est pas rare de retrouver ces graines germées rejetées car en pleine germination dans les semaines qui suivent. Cela pourrait être dû au fait que le quinoa, pourtant plébiscité dans nos élevages artificiels, ait une moindre appétence par rapport à d'autres graines, plus variées, que l'on trouve dans la nature.

Il se pourrait d'autre part que l'efficacité fourragère soit excellente et que les réserves des nids soient en permanence proches de la saturation, ce qu'on ne pourrait vérifier qu'en éventrant les nids.

Kagoo
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MJJB
* Friday 16 February 2007 à 17:09
Message #6


Média


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Ouf, j'ai été lu !
Merci Kagoo, j'ignorais absolument que Messor capitatus peut faire ses récoltes à la nuit tombée !
Je vais me procurer une lampe-torche !!!
Peut-être ton Quinoa germe t-il trop vite une fois engrangé sous terre ?
Pour Elrou : tu n'es jamais rabat-joie, surtout quand tu apprends quelque chose, et c'est le cas. Tu dis vrai : la compétition concerne davantage les nids de même espèce présents sur un même site. Il faut que j'apporte du soin à observer ça. Là où je suis fasciné, c'est lorsqu'il arrive que les deux Messor cohabitent. Mais ça a l'air assez rare, les deux sp vivant dans des biotopes différents.
Je ne crois pas davantage que les deux sp s'excluent, determinant ainsi une répartition quelconque. Si il n'y a pas de capitatus dans la plaine du Roussillon c'est certainement pas à cause de la présence des barbarus. Mais la présence des barbarus, probablement, n'arrange rien, s'il arrivait que d'aventure une gyne de capitatus y débarque.
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léo
* Friday 16 February 2007 à 17:21
Message #7


Cocon


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passionant ton post MJJB smile.gif
On voit que y a du boulot derrière!

Pour ma part je suis allé au site du moulin dont parlait Noar, vers aout dernier: j'ai vu des capitatus de partout mais pas de traces de barbarus, pas même sous la grosse pierre. Pourtant l'espèce est censée être active à cette époque..
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MJJB
* Friday 16 February 2007 à 18:39
Message #8


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Intéressant ! Tu vois, les observations sur le terrain sont une bonne méthode. La difficulté c'est qu'il en faut beaucoup pour avoir une petite idée... Où sont donc passées les barbarus ?! blink.gif
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Elrou
* Friday 16 February 2007 à 18:42
Message #9


Gyne Mégère


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ouf : j'avais peur d'être mal compris, ce n'est pas toujours évident de critiquer un gros travail
CITATION
Là où je suis fasciné, c'est lorsqu'il arrive que les deux Messor cohabitent.
tu as raison cela peut être très interressant de comprendre comment sont discriminées les ressources etc ...
en plus par définition il doit s'agir de colonies marginales (dans lesens à la limite de leurs biotpes respectifs) ce qui est toujorus très interressant puisque ce sont elles qui sont dans le conditions lesm oins favorables et donc qui "s'adaptent" du point de vue de leur comportement. c'est donc là que l'on peut opbserver des choses sortant de l'ordinaire. smile.gif

CITATION
Il se pourrait d'autre part que l'efficacité fourragère soit excellente et que les réserves des nids soient en permanence proches de la saturation
ça moi ça me passione chez les messors : elles dépenent énormément d'énergie à récolter bien plus que nécessaire. ce comportement apparament abhérant semble assez général, non ?
en bioogie on appelle ça un comportement évolutivement stable, (ess), et il est toujours iterressant de rechercher la cause adaptative de tels comportements.
pourquoi dépenser de l'énergie pour récolter plus ?
cela ne viendrait il pas de la compétition avec les autres nids justement : j'ai plus mais l'autres n'a pas => le désavantage de la récolte du surplus serait compensé par l'avantage d'utiliser des ressources qui pourraient être disponibles pour d'autres... comment tester ça ? d'autres idées ?

fascinant en touc cas c'est sûr smile.gif


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MJJB
* Friday 16 February 2007 à 18:59
Message #10


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Il me semble qu'elles ne prennent quand même pas tout ce qui est disponible. Elles font des "fixations" sur certains végétaux qu'elles vont parfois chercher fort loin. Elles me paraisssent tenir beaucoup au critère de la voie d'accès comme facteur déclenchant. L'accès détermine beaucoup le comportement de récolte en masse. C'est moins risqué de parcourir des étendues lisses et dégagées. Les Messor sont l'objet d'une prédation importante de la part d'araignées, notamment dans les herbes folles. Quand aux excès de récolte, moi je crois assez qu'elles consomment tout CE QUI EST CONSOMMABLE. Le consommable dans leurs récoltes n'est pas aussi évident que ça.
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Elrou
* Friday 16 February 2007 à 19:41
Message #11


Gyne Mégère


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ce qui serait interressant c'est de trouver une valuer caculable mesurant le rapport énerrgie dépensée pour acquérir la ressource / énergie gagnée par sa consommation
voir si c'est l'obtimisation de ce rapport qui a pu générer des préférences ...
peut être cela a déjà été fait (je connais une étude de ce type sur les frelons et la taille de laurs proies par exemple ... rigolo)


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k2rantitache
* Friday 16 February 2007 à 23:28
Message #12


Gyne womanizer®


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CITATION
passionant ton post MJJB
Sujet trés interessant,merci de nous faire partager tes observations!

Idem wink.gif

CITATION
ce qui serait interressant c'est de trouver une valuer caculable mesurant le rapport énerrgie dépensée pour acquérir la ressource / énergie gagnée par sa consommation
voir si c'est l'obtimisation de ce rapport qui a pu générer des préférences ...
peut être cela a déjà été fait (je connais une étude de ce type sur les frelons et la taille de laurs proies par exemple ... rigolo)

Très intéressant.
Tu aurais la référence de ton étude déja parue?, ca m'intéresse.
Merci wink.gif


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=> email : k2rantitache "at" acideformik.com
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Elrou
* Saturday 17 February 2007 à 09:20
Message #13


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CITATION
Tu aurais la référence de ton étude déja parue?, ca m'intéresse.
bah ça date - c'était das un un cours de P.H.Gouyon :
faudrait chercher dans ce qu'a publié Pierre Henri Gouyon.

par exemple là dedans :
* « Génétique évolutive et théorie des jeux »

Auteurs : Gouyon P.H. & Olivieri I.
Publié dans : Bull. Soc. Fr. Biométrie. 8: 18-38. 1990.

ou là :
* « Les stratégies du vivant »

Auteurs : Gouyon P.H.
Publié dans : Sciences et avenir, Hors série "Le sens de la vie", Oct.-Nov. 124 : 78-83. 2000.

peut être là aussi :
Jean-Pierre Henry et Pierre-Henri Gouyon, Précis de génétique des populations, Paris, Masson, 1998

cf : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Henri_Gouyon
si tu ne trouve pas le cas des frelons, tu en auras plein d'autres sur les stratégies évoutivement stable et l'optimisation de l'exploitation des ressources. wink.gif


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Tengu84
* Monday 25 April 2011 à 17:54
Message #14


Major exclu


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Je sort de sa longue diapause (digne de Messor capitatus) ce joli topic. smile.gif

Du coté de chez moi en Calabre, je n'ai croisé que Messor capitatus, et en grand nombre. Elles sont quasiment omnipotentes, au bord des routes, dans les terrains vagues, dans les jardins. Trois nids seulement dans le petit jardin potager du carré de maisons familial. Elles vont fourrager en masse dans les carrés de graminées sauvages. Par là je rejoins les observations de MJJB.
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FourmisMan
* Monday 25 April 2011 à 21:33
Message #15


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CITATION(cékiki @ jeudi 15 février 2007 à 22:58) *
- il faudrait nous rendre en Corse pour prospecter. Similitudes cool.gif


Je pourrai peu être en faire savoir plus cet été puisque je vais en corse.


--------------------
On dénombre plus de 10 000 espèces de fourmis. Leurs sociétés sont complexes et étonnantes. Elles ont colonisé quasiment tout le globe et ont survécu à toutes les crises écologiques.

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