Bienvenue invité ( Connexion | Inscription )
vendredi 04 avril 2008 à 13:50
Message
#1
|
|
|
Oeuf Groupe: Membres Messages: 14 Inscrit: 04/04/2008 Membre No.: 2 022 |
Plagiolepis pygmaea :
Cette espèce de petite taille est très répandue dans le Midi de la France. La population ouvrière varie de quelques centaines d'individus à plusieurs milliers selon l'âge de la colonie. L'espèce est le plus souvent polygyne, le nombre de reines variant habituellement de 5 à 30, mais il peut y en avoir d'avantage (chiffre record: 281). Dans la région toulousaine, P. pygmaea niche essentiellement dans la terre des talus exposés au Sud et à l'Ouest, mais on les retrouve aussi sous des pierres plates, calcaires ou schisteuses. (Extrait de la thèse de L. Passera 1969) Gynes de 3,4 à 4,5 mm, pourvues d’antennes à 11 articles (Le Masne 1956) Ouvrières de 1,2 à 2,4 mm (Le Masne 1956) Mâles de 1,5 à 2mm, pourvus d’antennes à 12 articles (Le Masne 1956) Les reines de Plagiolepis pygmaea, plongées quotidiennement dans l’acétone, n’inhibent plus la ponte des œufs reproducteurs des ouvrières, ce qui montre l’existence d’une phéromone royale épicuticulaire soluble dans les solvants organiques (Passera 1978). La compétition pour l’accès à la nourriture (par l’intérmédiraire des échanges trophallactiques avec les ouvrières) se traduit, dans les colonies polygynes pures pygmaea, par une baisse de la fécondité individuelle des reines (Passera 1969). Plagiolepis pygmaea est une espèce polyandre, c'est-à-dire que les femelles s’accouplent avec plusieurs mâles (en moyenne avec 2,89 mâles [1-6]) (Trontti et al. 2007). La « polyandrie par convenance » semblerait expliquer ce cas particulier chez une espèce hautement polygyne. Les différentes populations étudiées génétiquement présentent un important taux de consanguinité (Trontti et al. 2005) vraisemblablement du à un relatif isolement des populations (résultant d’une faible dispersion des sexués) et à des accouplements au sein des nids entre apparentés (Trontti et al. 2007). ![]() 1 reine accompagnée de 10 ouvrières, dont la physogastrie est ici bien visible ![]() 1 reine et 2 ouvrières à la physogastrie bien marquée ![]() Gros plan sur une reine de P. pygmaea ![]() Gynes de P. pygmaea ![]() Mâles autour d'une ouvrière. Je ferais ici référence aux techniques d’élevage employées durant plus de 20 ans par L. Passera (Passera 1969), spécialiste mondial de Plagiolepis, que j’agrémenterais de mon expérience personnelle le cas échéant. Le nid d’élevage : Il est constitué par une boîte en matière plastique de 6 cm de diamètre. Le fond est percé d’un trou de 3 cm de diamètre fermé par une toile en nylon. Au dessous de cette boîte s’en trouve une deuxième semblable contenant une éponge humide assurant grâce aux mailles de la toile nylon une humidité convenable en même temps que l’eau de boisson (l’éponge affleure la toile). Dans la boîte supérieue, autour de la toile, on coule une couronne de platre de Paris large de 1,5 cm assurant un substratum favorable aux fourmis. Un trou grillagé dans la paroi circulaire verticale assure l’aération et évite la condensation. Un leger morceau de verre, planté verticalement et perpendiculairement à la même paroi, crée un angle favorable au thigmotactisme des fourmis et forme un pôle d’attraction pour la colonie. Enfin le couvercle de la boîte est muni d’un disque de verre facilitant les observations. ![]() Température d’élevage : Après étude du thermopréférendum, la température de 26°,5 +/- 0°,5 a été sélectionnée. Il est important d’éviter les variations trop importantes de température, pouvant entraîner de la condensation dans les nids ainsi la mort de nombreux individus par noyade. Il convient de faire hiberner les fourmis de novembre à mars entre 8 et 10°C afin de relancer la ponte des reines et obtenir des sexués au printemps (issus de larves hivernantes). Hygrométrie : L’éponge humide apporte un taux d’humidité très élevé. Lumière : L’obscurité totale est préférable, mais la lumière durant les périodes d’observation ne les dérange pas outre mesure. Nourriture : Constituée exclusivement par du miel donné en excès. Je conseille de déposer quelques fines gouttes de miel sur un petit morceau de papier aluminium, afin d’éviter le développement de moisissure dans le nid (enlever le papier aluminium si le miel n’est pas rapidement consommé et mettre une plus petite dose la prochaine fois. Autrement par osmolarité, le miel a tendance a capté l’humidité ambiante et former alors de grosses gouttes d’hydromel dans lequel se noient les fourmis) Néanmoins d’après Fizban, elles ne rechignent pas devant un grillon (mais attention au pourrissement) Nombre d’ouvrières : Afin d’assurer le maintien de la société un minimum de 300 ouvrières est préconisé. La taille maximale de la colonie dépend du volume du nid (au-delà d’une trop forte densité, une mortalité importante est constatée) Nombre de reines : Quelques reines suffisent. Le rapport optimal de productivité est estimé à 1 reine pour 300 ouvrières. Plagiolepis xene : Parasite inquilin de Plagiolepis pygmaea (Passera 1964) Gynes de 1,2 à 1,3 mm, gastre à 5 segments (Le Masne 1956) Mâles de 1,2 mm, aptères, gynécoïdie très accentuée, gastre à 6 segments (Le Masne 1956) Pas d’ouvrières (Le Masne 1956) Ponte en juin et émergence des adultes en août, pas de couvain dormant donc (Passera 1964) Hostilité des ouvrières et non des reines de P. pygmaea (barrière au parasitisme) (Passera 1964). Pas d’essaimage (Passera 1964). Plagiolepis xene exerce une action parasitaire sur son hôte P. pygmaea qui se traduit par une forte diminution (de près de 50%) de la fécondité de cette dernière (Passera 1966). P. xene réduit fortement la production en ouvrière de l’hôte en mangeant ses œufs (oophagie) (Passera 1972). P. xene influence la distribution des reines de Plagiolepis pygmaea, avec un plus haut niveau de dispersion dans les colonies parasitées. (Passera et al 2001). Les populations sont généralement par un ou au plus quelques individus, rendant ces populations hautement vulnérable génétiquement (Trontti et al. 2006). (Afin de les préserver, je ne divulguerais pas sur ce forum l’emplacement des populations parasitées que je connais. Inutile de demander donc.) ![]() Gros plan ![]() 2 reines P. xene et 1 ouvrière P. pygmaea ![]() 2 reines... ![]() 2 mâles et 1 gyne ailée. Plagiolepis grassei : Les reines de Plagiolepis grassei inhibent la ponte des ouvrières de P. pygmaea, contrairement aux reines de P. xene (Passera 1967). Plagiolepis grassei diminue de près de la moitié la ponte de P. pygmaea (Passera 1969). Les ouvrières de Plagiolepis grassei, malgré une gynécoïdie marquée, sont incapables d’inhiber la ponte des ouvrières de P. pygmaea (Passera 1977). Il s'agit d'une fourmi parasite social vrai au sens où l'entend Le Masne (1956). Les ouvrières n'existent qu'en petit nombre: 1 à 25. Le nombre de reines varie de 1 à 20 et les sociétés sont très souvent polygynes: il arrive qu'il y ait plus de reines grassei que d'ouvrières de la même espèce. Bien entendu il n'existe pas de sociétés seulement composées de P. grassei; il s'agit d'un parasite social permanent de P. pygmaea; d'ailleurs toutes les tentatives faites pour réaliser des élevages isolés ont échoué. C'est une espèce excessivement rare. (Extrait de la thèse de L. Passera 1969) Parasite inquilin de Plagiolepis pygmaea. (Le Masne 1956) Reines de petite taille (2 à 2,4 mm). (Le Masne 1956) Possède des ouvrières mais en petit nombre (quelques dizaines seulement pour une à dix femelles fécondes) (Le Masne 1956). Ouvrières produites après les sexués, de 1,7 à 1,9 mm, ayant une tendance à la gynécoïdie, possédant des ocelles (Le Masne 1956). Mâle de 1,8 à 1,9 mm, présentant une gynécoïdie sensible, pourvus d’antennes à 11 articles (le Masne 1956) ![]() Une reine P. grasseï, accompagnée de 3 de ses ouvrières (plus claires et plus petites) et de 7 de P. pygmaea[/align] Références: • Le Masne G., 1956. recherches sur les fourmis parasites. Plagiolepis grassei et l’évolution des Plagiolepis parasites. C. R. Acad. Sc. Paris D 243 : 673-675 • Passera L., 1964. Données biologiques sur la fourmi parasite Plagiolepis xene Stärcke. Insectes sociaux XI(1) : 59-70. • Passera L., 1966. Fécondité des femelles au sein de la myrmécobiose Plagiolepis pygmaea Latr. – Plagiolepis xene Satr. (hyménoptères, Formicidae). C. R. Acad. Sc. Paris D 263: 1600-1603. • Passera L., 1967. Inhibitions interspecifiques déclenchées par les femelles fécondes des Fourmis parasites Plagiolepis xene St. Et Plagiolepis grassei Le Mas. Pas. C. R. Acad. Sc. Paris D 265: 1721-1724. • Passera L., 1969. Interactions et fécondité des reines de Plagiolepis pygmaea Latr. Et de ses parasites sociaux P.grassei • Passera L., 1972. Longévité des fourmilières de Plagiolepis pygmaea Latr. Infestées par le parasite social Plagiolepis xene St (Hymenoptera : Formicidae). C. R. Acad. Sc. Paris D 275: 409-411. • Passera L., 1977. L’absence d’effet royal chez les ouvrières gynécoïdes de la fourmi parasite social Plagiolepis grassei (Hym. Formicidae). C. R. Acad. Sc. Paris D 285: 1447-1449. • Passera L., 1978. Mise en évidence d’une phéromone inhibitrice de la ponte des ouvrières chez la fourmi Plagiolepis pygmaea Latr. (Hym. Formicidae). C. R. Acad. Sc. Paris D 286: 1507-1509. • Passera L., Gilbert M. & Aron S., 2001. Social parasitism in ants: effects of the inquiline parasite Plagiolepis xene St. on queen distribution and worker production of its host Plagiolepis pygmaea Latr. Insectes sociaux 48: 74-79. • Trontti. K., Aron S. & Sundström L. 2005. Inbreeding and kinship in the ant Plagiolepis pygmaea. Molecular Ecology 14: 2007-2015. • Trontti. K., Aron S. & Sundström L. 2006. The genetic population structure of the ant Plagiolepis xene – implications for genetic vulnerability of obligate social parasites. Conservation Genetics 7: 241-250. • Trontti K., Thurin N., Sundström L. & Aron S., 2007. Mating for convenience or genetic diversity? Mating patterns in the polygynous ant Plagiolepis pygmaea. Behavioral Ecology 18(2):298-303 |
|
|
|
![]() |
mardi 09 mars 2010 à 22:33
Message
#2
|
|
![]() Major Groupe: Membres actifs Messages: 1 702 Inscrit: 08/05/2008 Lieu : Côte d'Azur+Shoutbox+Counter Membre No.: 2 119 |
Je compte m'y remettre cette année
-------------------- "Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."
Albert Einstein. Mes suivis et mes colonies: Merci de lire le B-A BA, la FAQ et surtout la charte avant de vous inscrire. |
|
|
|
Plagio Plagiolepis vendredi 04 avril 2008 à 13:50
noar12 très bien fait et très agréable a lire !
CIT... vendredi 04 avril 2008 à 15:45
k2rantitache Merci pour cette synthèse
Juste qq remarques :... vendredi 04 avril 2008 à 17:08
Cyp92 Superbe synthèse
Merci vendredi 04 avril 2008 à 19:22
Joachim Magnifiques explications, merci vendredi 04 avril 2008 à 20:33
cékiki La 5ème photo est bien une ouvrière P.pygmaea et d... vendredi 04 avril 2008 à 21:53
hugo Merci Plagio.
Est- ce que je peux te demander une ... samedi 05 avril 2008 à 10:09
clement Cool merci pour les info ! samedi 05 avril 2008 à 10:22
KAZ salut! juste une petite précision, ce n'es... vendredi 11 avril 2008 à 12:47
Plagio Je n’ai pas de définition précise pour le thigmota... mercredi 16 avril 2008 à 11:39
cékiki échantillons et photos tout va mieux grâce à toi :... mercredi 16 avril 2008 à 11:46
Plagio Comme promis à aclcla, je viens d’éditer mon messa... mardi 05 août 2008 à 14:55
JLM Ahah, on se retrouve, bien content . Merci encor... mardi 05 août 2008 à 15:33
Plagio Je rajouterais sous peu des photos de mâles et de ... mardi 05 août 2008 à 15:42
Diacamma CITATION(JLM @ mardi 05 août 2008 à 16:33... mercredi 06 août 2008 à 08:25
Plagio Quel Rabat-joie ce Diacamma
Je viens de rajoute... jeudi 07 août 2008 à 10:27
noar12 Héhé, merci a vous deux alors .
c'est bien l... jeudi 07 août 2008 à 11:20
bidou Il parlait de P.Xene jeudi 07 août 2008 à 11:25
noar12 oui oui j'avais compris mais je suis trompé de... jeudi 07 août 2008 à 11:37
Plagio CITATION(noar12)Mais surtout sur le deuxième mâle ... jeudi 07 août 2008 à 15:22
k2rantitache Ma modeste contribution avec 2 photos d'une gy... jeudi 28 août 2008 à 00:38
Le_Merovingien Magnifique topic et magnifiques photos. J'ai a... jeudi 28 août 2008 à 09:52
Plagio Magnifiques photos jordan
J'en ai profité p... jeudi 28 août 2008 à 12:26
k2rantitache Merci perso j'ai fait ça rapidement, le fond... jeudi 28 août 2008 à 23:57
cékiki Je passe pour noter cette curiosité : sexués prése... vendredi 29 août 2008 à 00:15
Plagio CITATION(cékiki @ vendredi 29 août 2008 à 01... vendredi 29 août 2008 à 09:08
cékiki C'est à chaud, difficile de tout analyser de v... vendredi 29 août 2008 à 12:13
Christian D. Avec Hugo nous en avons trouvé en Ardèche concerna... vendredi 29 août 2008 à 12:21
Plagio J'ignorais que P. vindobonensis était devenue ... vendredi 29 août 2008 à 13:43
cékiki Pour P.taurica , en fin de post : http://www.acide... vendredi 29 août 2008 à 17:06
Citrouille-Man Pareil pour P. pygmea (64) et P. taurica (Lozère) ... dimanche 25 janvier 2009 à 18:44
Tengu84 ptit up? J'éditerai peut-être ce message... Pi... samedi 16 janvier 2010 à 19:23![]() ![]() |
| Version bas débit |