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Version complète: Wasmannia auropunctata - Kératite de Floride
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Hydraméthylnon
La Kératite de Floride

Une zoonose induite par
la fourmi Wasmannia auropunctata (Roger)


Préambule

Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'un sujet strictement sur une fourmi mais plus d'un phénomène strictement induit par une fourmi (et quelle fourmi !).
Comme c'est aussi une nuisance assez "consistante" et à la suite des remarques exprimées dans le sujet Wasmannia auropunctata - Voyage aux portes de l'Enfer, voici donc cette fiche, un peu décalée par rapport aux autres puisqu'elle trraite d'un impact et non pas d'une espèce.

Présentation

La petite Fourmi de Feu, Wasmannia auropunctata (Roger), ou PFF en abrégé, n'est pas seulement une fourmi envahissante à technique de diffusion exceptionnelle, c'est aussi une peste agressive pour tout ce qui peut l'entourer.

Parmi les nombreux impacts négatifs qu'elle induit dans les zones qu'elle infecte il en est un qui cible tous les vertébrés. Il s'agit d'une cécité aussi progressive qu'irréversible, un peu à la manière de l'onchocercose (Onchocerca volvulus, un ver parasite transmis par un diptère, Simulium groupe damnosum). Mais si la cécité induite par l'onchocecose est issue de l'enkystement de larves de ce ver dans la cornée et affecte surtout les humains, celle induite par la PFF vient directement de son venin et impacte pratiquement tous les vertébrés des batraciens jusqu'aux mammifères, quelle que soit leur taille adulte, depuis les lézards et tortues jusqu'aux éléphants.
(Corrolaire : Dans la mesure où la dispersion de cette peste se fait par des moyens humains et que les yeux humains voient d'abord ce qui les cottoie le plus, il est logique que l'impact sur les animaux commensaux, de compagnie ou pas, soient plus remarqués que dans la faune dite sauvage)

Concrètement et en apparence, la cécité induite par la PFF se manifeste après répétition de piqûres sur la cornée des victimes, celle-ci s'opacifiant un peu plus à chaque piqûre. Je dis "en apparence" parce que, d'un point de vue scientifique strict, la démonstration du lien entre une piqûre de PFF et l'altération cornéenne qui en découle n'a encore jamais été établi. Une raison en est que cette opacification n'est pas immédiate mais prend un peu plus de 24 heures pour se manifester, pour des raisons encore inconnues aujourd'hui.
De la même façon, malgré que la PFF soit reconnue comme une peste depuis près d'un siècle, nous ne disposons ni de la composition exacte de son venin, ni de ses caractéristiques physico-chimiques (pH, densité, etc.)
Ce manque de données scientifiques de base est difficilement explicable après autant de temps, il est aussi très préjudiciable mais c'est comme ça.

Ceci étant, les observations et constats cliniques ou biologiques permettent toutefois d'avoir une idée assez précise de ce qui se passe, à défaut de pouvoir le certifier et y remédier.

Cette cécité a été constatée un peu partout mais l'étude vétérinaire initiale, celle posant le problème mais sans en trouver la cause, ayant été menée aux USA dans l'état de Floride, il est logique qu'elle porte ce nom-là à présent et celui de Florida spots.

Répartition mondiale

Comme les études ne sont pas nulles mais presque, il n'en existe pas de carte de répartition précisément définie, juste une liste de localités/régions concernées au gré des rares publications sur le sujet :
  • Martinique et Guadeloupe,
  • Nouvelle-Calédonie,
  • Polynésie,
  • Floride,
  • Gabon,
  • Israel (depuis 2004, inconnu avant),
  • etc.
La remarque qui s'impose ici, celle qui saute aux yeux avertis (si j'ose dire) est que toutes, absolument toutes, les régions concernées par cette kératite sont contaminées par Wasmannia auropunctata.

Syndrome et Évolution

L'affection passe inaperçue au départ, en général.
Les personnes les plus attentives remarquent des points blancs ou gris apparaissant à peu près simultannément aux deux yeux.

En fait, j'ai pu remarquer que les attaques se font sur un seul oeil au départ et que le résultat en est une très légère opacité, de moins d'un millimètre d'étendue souvent, grise et à peu près circulaire, en général située très près de la médiane de l'oeil, c'est à dire la ligne virtuelle où se rejoignent les paupières.

Ensuite, selon la densité de fourmis dans l'habitat de l'animal, selon sa taille (les chiens évoluant moins vite que les chats), selon son comportement (les "explorateurs" dégénérant plus vite que les casaniers), les opacités se multiplient plus ou moins vite tout en semblant épaissir. Je note, d'expérience sur plus de 2 ans, que le traitement régulier contre la PFF ralentit ou stoppe l'évolution et que celle-ci repart, si ces traitements sont interrompus, dès que les fourmis deviennent facilement visibles dans l'environnement des animaux concernés.

Le stade suivant est une opacification des deux yeux, de façon symétrique en moyenne mais individuelle quant à la position et l'épaisseur des points devenus blancs lorsque leur nombre devient important au même endroit, apparemment par répétition des attaques dans la zone. Cette opacification garde globalement comme axe principal d'intensité cette médiane de l'oeil, les parties les plus périphériques étant attaquées en dernier.

La suite en images :

Stade 0, le stade sain :

Ceci est une paire d'yeux intacts chez un chat âgé vivant en pleine zone contaminée sur Tahiti mais ne sortant jamais de la maison au delà de deux ou trois mètres :

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Mamouchka nous a quittés il y a peu de temps des suites de son FeLV via un blocage rénal mais, pour un FeLV, arriver à l'âge de 12-14 ans est un exploit extraordinaire quand on sait que son espérance de vie n'est pas de 5 ans au départ.
Ça arrive.

Stade 1 :
Ici, nous avons la jeune Buffy, arrivée dans la zone alors que les traitements autour de la maison donnent leur pleine puissance :

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Les accidents on donc été très rares jusqu'à présent mais non nuls :

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Son oeil gauche a quand même subi au moins trois attaques, presques invisibles et positionnées presque au centre de l'oeil.

Minicat que voici est une chatte très casanière, plus vieille d'un an, et pourtant attaquée aux deux yeux, très faiblement :

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Ses deux yeux sont atteints d'une demi-douzaine d'impacts chacun.

Stade 2 :
Puce, habitant chez un voisin plus éloigné de la brousse que nous mais dont le jardin a été fortement contaminé aussi, est casanière et agressée néanmoins, aux deux yeux :

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Ces taches sont indétectables pour quelqu'un de non-averti.

Tous ces chats ont des taches aux yeux mais aucun n'a de point franchement blanc. Il s'agit de quelques opacités plus ou moins légères et grisatres.

Stade 3 :

Alizée habite avec Puce mais se montre beaucoup plus exploratrice. Elle le paye cher :

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Les opacités sont plus nombreuses et se concentrent le long de la médiane de jonction des paupières. Elles sont plus épaisses que celles des stades précédents et commencent à avoir un aspect blanc.

Tibidou était un chat casanier mais aussi un redoutable chasseur de rats, allant "faire ses courses" en brousse. Il dormait toujours à la maison.

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Les points blancs sont majoritairement centrés sur la médiane mais du côté extérieur de chaque oeil, nous y reviendrons.
Il nous a quitté à peu près au moment où Buffy est arrivée, emporté par le Sida, le FIV, virus ayant une forte prévalence en Polynésie.

Stade 4 :

Minouchka était la reine du quartier, la doyenne, jusqu'à ce que son cancer la rattrape, cancer induit par le FIV. Elle allait à peu près partout, ayant connu son domaine avant qu'il soit envahi par la PFF :

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Sa vision était encore nette mais la photo parle toute seule. Notez, ici aussi, la tendance à voir les points blancs se concentrer plutôt le long de la médiane, sur chaque oeil.

Blanche était une fille de Minouchka, avant sa stérilisation, elle passait beaucoup de temps dans la haie le long de la route et sur le toit de la maison. A son époque, tous ces endroits étaient infestés :

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Le FIV que lui a transmis sa mère à la naissance l'a emportée en 3 jours. Elle avait presque deux ans.
Hydraméthylnon
Pipistrelle avait de grandes oreilles dans sa jeunesse. C'est une baroudeuse aimant bien se promener en brousse mais n'allant pas très loin d'elle-même :

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Les points deviennent bien blancs chez elle aussi.

Stade 5 :

Indiana jaune, son autre frère, est un broussard plus solitaire au caractère très soupe-au-lait et adepte de la toiture depuis la disparition de Blanche, en plus de la brousse :

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La médiane est largement contaminée, les points sont blancs pour environ un tiers, la surface de l'oeil est pratiquement totalement concernée mais ce n'est pas uniforme.

Tit'bidoute est casanière, assez parano mais elle batifollait beaucoup dans la haie et dans les arbres avant l'arrivée de Pipistrelle, Indy, Bilbo et Minicat :

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Sa kératite s'est arrêtée net d'évoluer à partir du moment où elle n'a plus osé sortir à cause des autres et où le toit et le reste de la maison ont été assainis.

Stade 6 :

Tougris, frère de Blanche et fils de Minouchka, est mort écrasé par une voiture qu'il n'a vraissemblablement ni vue, ni entendue venir à temps, il dormait sur la route :

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Il commençait à manifester de la gêne à cause de sa vue.

Choupette, soeur de Blanche et de Tougris, est toujours là aujourd'hui. C'est la seule qui est restée séro-négative dans la portée de Minouchka. Elle est devenue la doyenne depuis la mort de Mamouchka. Elle aussi allait souvent faire la sieste dans la haie avant qu'on comprenne l'invasion. En dehors de ça, elle est assez casanière :

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La médiane est flagrante, pour les deux yeux.

Stade 7 :
Marinette, LA broussarde.
Il m'a fallu beaucoup de patience et de persuasion pour arriver à la faire revenir dormir presque systématiquement dans la maison et elle sort toujours très souvent :

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Pratiquement tout est blanc, la partie la plus marquée reste la médiane. Elle n'est pas encore aveugle à 100 % mais n'arrive plus à se situer si son décor n'est pas très contrasté.
Ceci est l'avant-dernier stade.

Stade 8 :

Je n'ai, dieu merci, pas encore d'exemple à vous montrer.
Je ne pense pas que les individus ayant atteint ce stade aient une espérance de vie très grande, une raison sans doute de la rareté des photos.

Histologie

Aucune étude recensée à ce jour.

Comme ce syndrome concerne tous les animaux vertébrés et que ceux-ci on un oeil ayant les mêmes caractéristiques (partagées avec les céphalopodes), la logique voudrait que soit menée l'étude de l'attaque du venin de Wasmannia auropunctata sur les tissus les plus externes.

La couche externe de l'oeil est la cornée. Il s'agit, en fait, d'une structure en plusieurs couches très fines, la plus externe étant entièrement renouvellée toutes les semaines. De la surface vers la profondeur on a :
  1. L'épithélium cornéen, dont les cellules sont régénérées en permanence (il faut une semaine pour renouveler toutes les cellules),
  2. La membrane de Bowman,
  3. Le stroma,
  4. La membrane de Descemet,
  5. L'endothélium.
La PFF ayant une longueur de 1.2 mm, son aiguillon est dont très court, les couches les plus menacées sont les deux plus externes. Si l'épithélium est régénéré en permanence, ce qu'il protège ne l'est jamais. L'épaisseur de ces couches doit dépendre des espèces mais il est probable que la variation interspécifique de ces épaisseurs ne soit pas proportionnelle à la taille de l'adulte de l'espèce.

L'attaque principale du venin porte donc surtout sur la membrane de Bowman et, parfois, le stroma c'est à dire toujours sur du collagène.

Sans passer, dans un premier temps, par des études d'histio-pathologie nécessitant des biopsies difficiles à réaliser et à collecter, une recherche sur l'effet biochimique du venin de PFF (donc son extraction et son analyse, un jour rolleyes.gif ) sur de fines couches de collagène (chose assez simple à se procurer) devrait déjà donner pas mal d'indications sur ce qui doit se passer.

S'il y a quelqu'un que ça branche, le sujet de recherche est ouvert et ça urge ...

Traitement
  • Vu (sad.gif ...), l'absence d'études sérieuses et approfondies sur cette affection,
    il n'existe strictement aucun traitement curatif connu.
    .
  • Les seuls traitements actuels sont palliatifs et antalgiques, ils se résument à des collyres (gouttes pour les yeux) à base de corticoïdes (calmants).
Analyse

Constats :
  1. La PFF est connue pour avoir un venin très agressif à effet urticant immédiat. Ceci lui vaut de porter également le nom de "fourmi électrique'" par comparaison avec l'effet d'une décharge électrique au moment de l'injection.
  2. Elle est également connue pour ne "tirer" que lorsqu'elle se sent prisonnière.
  3. Elle a tendance à facilement se laisser tomber quand "ça chahute fort", quand son support est secoué énergiquement.
  4. Elle colonise toute la végétation, depuis le sol jusqu'au sommet des arbres et montre une certaine prédilection (mais pas une exclusivité) pour les faces inférieures des feuilles (biscotte la pluie et autres dérangements)
  5. Les chats sont moins hauts que les chiens, donc ils sont plus enveloppés par la végétation dans la strate herbacée, donc, avec ce qui précède, ils sont plus en contact avec les fourmis que les chiens ne le sont.
  6. Les atteintes aux yeux se font préférentiellement sur la ligne de jonction des paupières et, dans certains cas flagrants (ci-dessus) avec une tendance à irradier à partir de l'extrémité postérieure de l'oeil.

Analyse :

Le fait que la kératite de Floride soit plus prononcée pour les chats que les chiens, dans la littérature scientifique comme dans ce que je constate en zone "rouge", appuie la relation de cause à effet entre la fourmi et la kératite : Les chiens ont, beaucoup plus que les chats, les yeux au-dessus des herbes, donc, à durée égale, ont beaucoup moins de chances de se faire agresser.

L'attaque sur la ligne de jonction des paupières correspond à l'endroit où les fourmis ont le plus de chances de se sentir immobilisées en premier, là où elles auront le plus tendance à piquer en moyenne. La relative lenteur d'altération des zones les plus éloignées de cette médiane (le haut et le bas de l'oeil) et la rapidité d'opacification de cette médiane sont des arguments de plus pour confirmer cette interprétation.

Quand l'animal ne prend pas une fourmi dans l'oeil à l'arrêt, celle-ci a plus tendance à glisser vers l'arrière avant que l'animal ne la sente et ait alors le réflexe de cligner l'oeil et, ainsi, de provoquer l'attaque ou les attaques immédiates. Ceci peut expliquer que l'extrémité de l'oeil la plus loin de ce nez qui "ouvre la route dans l'herbe", la postérieure, soit préférentiellement attaquée chez les chats ayant l'habitude d'aller dehors en promenade mais n'y dormant que rarement.

Les effets des traitements à l'hydraméthylnon réduisent visiblement leur densité ou anihilent les fourmis. Ceci change radicalement la vitesse d'évolution de la kératite, la stoppant presque, comme je le constate depuis qu'ils ont lieu autour de chez moi.

Pour moi, qui vit dans une zone de brousse infestée sur plus d'un kilomètre dans toutes les directions, qui ait mis deux ans infernaux avant d'identifier la cause réelle de ce désastre, plus quelques mois pour trouver et appliquer une solution (= traiter à l'hydraméthylnon), la relation directe entre la kératite et la fourmi est aussi évidente que la loi de la pesanteur.

*****


Ceci posé, à mon sens, "mais ceci n'engage que moi" rolleyes.gif, la Kératite de Floride, les "Florida Spots", ne sont qu'un symptome, un indicateur, une petite partie d'un syndrome bien plus large.

Je pense que si nos zélés chercheurs-z-et vétérinaires portaient un peu plus leur attention sur un phénomène de dépilation (dont j'ai déjà parlé ailleurs) concommitant à cette kératite, on avancerait un peu. J'y reviens avec ces exemples :

A- Le cas Alizée : (Cette chatte n'est pas à moi mais habite dans mon quartier contaminé, à un endroit un peu plus éloigné de la jungle que chez moi)
Il s'agit d'une chatte au stade 3 dans la gradation que j'ai définie au-dessus, la chatte noire aux yeux soleil.
Voici la photo d'ensemble à partir de laquelle j'ai fabriqué celle de ses yeux, celle-là montrant les dépilations sur le train arrière et le ventre (surtout : sa peau est à nu) :

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On notera que cette chatte n'est pas au stade terminal de la kératite ET qu'elle a un pelage court.
Les dépilations du train arrière et du ventre sont d'autant plus nettes que son pelage est noir et sa peau beaucoup moins.
Notez bien la forme et l'étendue de ces dépilations.

B- Le cas Marinette :
En trois photos :

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Notez qu'elle a également un pelage court, et qu'elle en est au stade sub-terminal de la kératite (elle y voit encore un tout petit peu).
Les dépilations sont presque les mêmes que celles d'Alizée.

Tout me semble indiquer que cette dépilation est le fruit de léchages frénétiques, appuyés et très fréquents : Les zones ne concernent que des parties de son corps qu'elle peut atteindre avec sa bouche, les dépilations sont réparties en dégradé de plus en plus appuyé à partir des zones difficiles à lécher vers celles l'étant le plus aisément, les contours des zones dépilées sont doux et arrondis.

De plus, la disparition du pelage ouvre plus facilement la route vers la peau, ce qui agit comme un cercle vicieux : Plus elle est piquée, plus souvent elle se lèche frénétiquement, plus vite elle s'arrache le pelage et s'ouvre la peau, plus les attaques se font nombreuses, rapprochées dans le temps et l'espace, plus ça la démange, plus sa "frénésie" devient fréquente, intense, hystérique, puis obsessionnelle, réflexe au moindre contact.

J'ajoute les informations suivantes :
  • L'évolution de sa kératite a été presque stoppée net à partir du moment où j'ai traité régulièrement à l'Amdro toute la surface d'un cercle d'entre 50 et 100m de rayon autour de ma maison.
  • L'évolution de cette dépliation s'est inversée immédiatement à partir de ce moment-là pour Marinette. Elle a retrouvé un pelage normal au bout de 8 mois environ, le ventre étant la première zone attaquée et la dernière à récupérer.

C- Le cas Bilbo : (je n'en ai pas de photos, désolé)
Ce troisième chat, un mâle, a présenté un début de dépilations à deux reprises. Ces dépilations avaient une forme particulière, il s'agissait surtout de coupures franches très localisées avec une dépilation réduite mais aux contours irréguliers, nets et francs et situées plutôt sur le haut du cou.
Il a, lui aussi, un pelage court.

Mon sentiment à leur sujet est que Bilbo ne se comporte pas comme les deux autres : Au lieu de se lécher en tirant les poils pour agir sur la douleur, il se gratte, griffes dehors, et s'arrache les poils en les mordant et en tirant dessus ensuite mais l'origine de ces comportements est la même pour tous : Les piqûres de PFF.

J'ai noté que les chats à poils longs ou mi-longs ne présentent pas ou très peu de dépilations et que ces dépilations sont surtout propres à ceux ayant le comportement le moins casanier, les plus "baladeurs", les plus au contact avec la PFF. Ceci est évident "sur le terrain".

Une identification formelle de ces dépilations, la recherche d'un coefficient de corrélation entre ces dépilations, la kératite et la PFF, sur une base cartographique et épidémiologique serait un sujet permettant de formaliser scientifiquement le lien entre les trois.
Je pense qu'il nous faudra attendre que le nombre de victimes devienne un marché aussi juteux que celui de la GFF avant que ceci soit réalisé.
Faites-moi mentir.



Références
  1. L. Théron - 2007 - Hypothèse d’une kératopathie liée à Wasmannia auropunctata, le modèle polynésien - Mémoire de fin d’études vétérinaire - Université de Liège
    .
  2. M Roze, M. Plisnier, J-L. Sottovia et P.R. Cloet - 2004 - Etude de la keratopathie tropicale à la Martinique - Revue Méd. Vét., 155, 12, 598-601.
    .
  3. J.K. Wetterer, P. Walsh, et L. White - Mai 1999 - Wasmannia auropunctata,une fourmi dangereuse pour la faune du Gabon - Canopée n° 14 (in ECOFAC - Conservation et utilisation rationnelle des ECOsystèmes Forestiers d'Afrique Centrale )
    .
  4. Phillip Anthony Moore - Mai 2005 - Feline Corneal Disease - University of Georgia - Topics In Companion Animal Medicine -Vol 20:2, pp 83-93
    .
  5. J.K. Wetterer & S.D. Porter - 2003- The Little Fire Ant, Wasmannia auropunctata: Distribution, Impact and Control - Sociobiology Vol. 41, No. 3, 1-40.
Hydraméthylnon
Merci pour l'activation Noar12 thumbsup.gif
Hydraméthylnon
J'ai discuté avec un véto aujourd'hui.

Pour la première fois depuis 2004 ça a a eu l'air de commencer à en intéresser un.
L'effet de masse doit commencer à se faire sentir ...

Il m'a dit un truc intéressant mais à voir :

Le venin de fourmi est acide. Il n'est donc pas nécessaire que la fourmi pique directement la cornée, il suffit que le venin arrive dessus et l'acide fera "son boulot". Une piqûre sur la paupière va parfois mettre de l'acide sur la cornée et l'acide va donner ce genre de résultat, par diffusion. Donc, à priori, n'importe quelle fourmi est capable de provoquer un truc identique, si la PFF a cet impact, c'est parce qu'elle est très petite, très abondante et très agressive. Les autres fourmis, les plus grandes nottament, ne vont pas aussi facilement se retrouver coincées par les paupières, ne vont pas rentrer dans l'oeil. Ensuite, la plupart des fourmis ne sont pas aussi agressives, ne piquent pas aussi facilement.

C'est plausible.

Ça peut expliquer partiellement que certaines taches soient plus diffuses que d'autres.

Ça peut aussi expliquer que la kératite de Floride ne soit pas répandue par la GFF qui est 4 fois plus grande en moyenne bien qu'extrêmement agressive et pullulatrice elle aussi, et ça peut expliquer que ça n'arrive pas avec toutes les autres fourmis puisqu'elles sont moins agressives/nombreuses/petites.

Il faudrait vraiment analyser ce venin un jour, au moins son pH, déjà.
Le reste de l'analyse est important aussi, pour tenter d'expliquer la durée de la sensation de brûlure en particulier. Les piqûres de fourmi ne durent pas une heure ou deux, normalement, et l'acide formique est dans la plupart de leurs venins. Dans ce venin-là, il y a certainement un autre acide, ou plusieurs et/ou des composants du mélange venimeux qui renforcent l'effet et l'action acide.

Il y a sans doute quelque chose de très particulier à découvrir à partir de cette analyse biochimique-là et, comme pour toutes les découvertes très particulières, des choses à en tirer, utiles en d'autres domaines.

Allo ? Les labos ? Ohéé, ya quelqu'un ?
sad.gif
Hydraméthylnon
La photo de Marinette ci-dessus date du 18 août 2005, c'est à dire de 3 mois après les premiers traitements de lutte massive dans la zone et plus d'un an de lutte personnelle pour tenter de dégager sa maison.

Depuis cette époque, les PFF sont revenues deux ou trois fois sur le terrain reconquis, sans jamais y atteindre les densités précédentes et en étant combattues immédiatement à partir du moment où la météo l'a permis après la détection de leur retour.

Comme il ne pleut plus depuis deux-trois jours dessus pour la première fois depuis l'an dernier, dans le but de préparer un parcours de défense à l'Amdro, j'ai fini ma journée par une petite promenade aux frontières de la zone que je cherche à tenir, dans le but de repérer des "re-départs de feu". J'en ai trouvé. Il n'y a pas de miracle mais, dans l'ensemble, ça tient encore pas mal, j'ai même croisé quelques Monomorium pharaonis et quelques Pararechina longicornis le long de cette limite, à quelques pas du monstre qui revient. Logique : Celles-ci préfèrent le sucré, dédaignent le gras, l'Amdro ...

Je n'y suis pas allé seul puisque c'est un tour d'inspection à la limite de la zone supposée saine. J'ai été accompagné par Bilbo, Marinette, Buffy, Kenzo (le chien du poster australien) et sa copine dont je n'ai pas encore parlé ici, qui en est au stade 2.

Par curiosité et puisqu'il y a eu du soleil, j'ai pris mon appareil photo : Je voulais savoir si une évolution de la Keratite était décelable sur ces 3 ans de "presque retour à la normale" dans cette zone. Je me doute que ces broussards indécrottables font parfois des incursions en zone rouge, en solitaires mais ceci doit rester rare, à vue de nez : Un rayon désinfecté moyen de 50 m qui devient très agressif dès qu'on le franchit, ça doit bien changer leurs habitudes.

Aujourd'hui, donc, Marinette :

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Elle a les yeux toujours plus grands ouverts que les autres.
On ferait pareil à sa place.

Quand je compare avec celle du 18 août 2005, je ne trouve pas une différence énorme mais elle existe : Outre les erreurs d'interprétation que la différence d'éclairage entre les deux photos peut induire, il est très net que la plus récente montre une opacité plus marquée sur la médiane, laquelle est beaucoup plus évidente sur son oeil gauche à présent. Son oeil droit la montre moins parce que le reflet est grand sur cette photo et parce qu'elle est effectivement moins marquée, les attaques ont été un peu plus aléatoires sur l'oeil droit, c'est également visible en 2005, mais dans l'ensemble c'est le même topo :

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Là, il est indéniable qu'il y a une très large médiane sur les deux yeux (et qu'il fait beau dehors)

Du coup je me rends compte aussi que Bilbo n'a pas encore été montré dans ce sujet-ci.
Le voici en septembre 2005 :

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Hydraméthylnon
Le voici aujourd'hui :

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L'évolution est plus nette pour lui, la médiane se matérialise ... sad.gif

Côté dépilation, c'est le retour à la normale pour Marinette, comme je le disais :

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Pour mémoire, on en était là le 6 août 2006 :

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Il y a un "mieux".
Pour combien de temps ? sad.gif
Hydraméthylnon
Donc, si vous voyez un truc comme ça ou vaguement comme ça, quelque part, n'importe où,
cherchez la fourmi !!
k2rantitache
Pfiou sans commentaires.......je suis cray.gif et mad.gif
Hydraméthylnon
Moi aussi ...

Rappel : Ceci ne concerne pas que les chats mais tous les vertébrés, domestiques et sauvages, depuis les lézards et tortues (Hawaii) jusqu'aux éléphants (Gabon).
Hydraméthylnon
Je viens de tomber sur ce blog :
kératite floconneuse ou kératite de Floride

wink.gif
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